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« Cette vérité, est si profondément gravée dans notre âme,
que tous les malheureux, quelque soient (sic) leurs loix
et leur culte, lèvent les veux vers le ciel, lorsqu'ils sont entièrement abandonnés sur la terre, et adressént leurs vœux, leurs prières, à la divine providence qui devient alors leur unique espérance. Elle est le trésor du pauvre, et c’est dans son sein que se réfugient tous ceux qui souffrent et qui pleurent. Dans les périls, dans les pressans dangers, 6 mon Dieu! voilà le cri de tous les mortels. Au milieu de leurs peines et de leurs alarmes une inspiration secrète les porte à chercher dans les cieux un ami et un frère quand leurs semblables les oppriment. O festimonium animæ naturaliler chrislianæ!! »
Mais notre petitesse ne saurait intéresser linfinie grandeur de Dien. Comme si Dieu jugeait de ses œuvres par Le diamètre du corps, et comme si l’âme humaine n’était pas son plus bel ouvrage?! Bayle a fourni aux ennemis de la Providence
des difficultés plus sérieuses. Comment concilier l'existence
du mal avec celle d’un Dieu bon ? Félicité rejette sans l’examiner « le sistème ridiculement absurde » des Manichéens, repris par Bayle, qui supposait un bizarre traité d’alliance
entre le principe du bien et le principe du mal3; 1l observe
« que Dieu n'ayant pu rien créer d’égal à lui-même, son ouvrage est nécessairement imparfait et infiniment au-dessous de lui4 ». Comment d’ailleurs Bayle ne s’est-il pas rappelé « que nos idées naturelles ne péuvent point être la mesure commune de la bonté de Dieu et de celle de l’homme, et que comme il n’y a point de proportion entre le fini et l’infini, il ne faut jamais se permettre de mesurer à la même aune sa conduite et la nôtre? » C’est bien le cas de dire avec Isaïe : Non enim cogitationes meæ cogitationes vestræ, neque viæ vesiræ, viæ meæ”.
Mais surtout, Tr chüte rend compte de nos souffrances ici-bas : « La foi nous apprend que nous sommes nés enfants de colère, et les étonnantes contrariétés que l’homme rencontre en lui-même, les souffrances qu'il éprouve dès
1. Inédit. Arch. des Frères, dossier I,n° 685, p. 25. 2. Ibid., pp. 26-27.