Inédit. Zbid., pp
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sa naissance, ne lui permettent pas de douter qu'il ne descende d’un Père coupable. Nous ne sommes donc ici que dans un lieu d’épreuve et d’exil, les maux que nous ressentons sont des moyens de mériter le bonheur éternel que Dieu nous prépare; ils sont de véritables biens dans les vues de l'être infiniment bon qui nous a faits, et sous la direction de sa providence !. y Connaissons-nous d’ailleurs le détail infini de l’univers ? et quelle n’est donc pas la présomption de ces « chétifs Philosophes » qui prétendent « donner des leçons à l'éternel géomètre? ». L'objection du mal moral se réfute de la même manière que celle du mal physique : « Pour rendre parfaitement compte de la conduite de Dieu, il faudrait connaître sa pensée et être instruit de ses desseins3. » Du moins nous apparaît-il clairement que « la sainteté de Dieu n’exige pas qu’il empêche tout le mal possible, seulement il ne doit
jamais coopérer au péché, ni déterminer ses créatures à le
commettre# ». Or, la grâce qu’il donne à tous dit à cet égard ses volontés, « et si malgré les secours qu’il nous accorde pour pratiquer la vertu, nous ne le faisons point, n'est-ce pas nous qui sommes coupables, et ne serait-il pas absurde de juger de la volonté de Dieu par l’effet que produit la volonté de l’homme ÿ ? »
Ce sont, en général, conclut l’auteur, citant Rousseau, les heureux du monde « qui accusent la Providence et les pauvres qui la bénissent... O vous qui blasphémez le Dieu qui vous nourrit, allez done vous instruire à l’école du malheur : suivez le ministre charitable de cette religion sainte que vous avez voulu détruire, et qui va consoler dans sa chaumière un malade infect et dégoütant, qui ne repose que sur quelques poignées d’une paille à demi pourrie. Vous entrez dans le séjour de la douleur : eh bien ! c’est là que règne la paix la plus profonde, et qu’on trouve la soumission la plus parfaite aux ordres de la Divinité; pas un murmure, pas une plainte; la religion verse un baume salutaire sur toutes les plaies de l’infortuné qui souffre, lespérance le soulage, elle adoucit ses maux, et dans son affliction
1. Inédit. Arch. des Frères, dossier I, n° 685, $ IX, p.30. 2. Inédit. Zbid., p. 31.