‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 73 sur 504 · TR R · texte numérisé non relu

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LIT

Dans quelle mesure Félicité de La Mennais était-il fidèle à la pensée de ceux auxquels il empruntait en se jouant des armes pour les combattre ? Examinons à ce point de vue le plus caractéristique et le plus original des ouvrages mis à contribution par notre jeune apologiste : le Bon Sens puisé dans la nature, suivi du testament du curé Meslier, 2 volumes petitin-12, à Paris, chez Bouqueton, l'an Ier de la Républiquef. Ce livre, véritable manuel de l’athéisme, est une sorte de résumé du fameux Système de la nature du baron d’Holbach? : il était destiné à en vulgariser les idées. D'Holbach avait . rédigé lui-même et publié cet abrégé dont une première édi tion in-12 avait paru en 1772, à Londres-Amsterdam, chez M. M. Rey sous ce titre suggestif : le Bon Sens — ou idées naturelles opposées aux idées surnaturelles — sans nom d'auteur. Une autre édition du même format fut imprimée en 1791 à Rome (Paris) sous le nom de feu M. Meslier, curé d'Etrepigny. En 1792, parut l'édition sur laquelle Félicité a travaillé; bien entendu, l'ouvrage fut, depuis, plusieurs fois réimprimé.

Il se signalait spécialement à l’attention parce qu'il résumait un traité complet et cohérent de matérialisme, et parce que, à dater de la publication du Système de la nature, en 1770, c’est contre lui et son auteur que la polémique de Voltaire contre l’athéisme, jusque-là un peu dispersée, a été spécialement dirigée. — Le Système de la nature s'inspire de la philosophie spinoziste entrevue sans doute à travers les écrits de Bayle : dans la première partie, d'Holbach, exposant la physique matérialiste, en tire des conclusions sur la crainte de la mort, la vie future et la morale. Il commence par nier absolument la métaphysique : l’homme, être purement physique, ne doit se laisser guider que par l’expérience ;

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