‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 74 sur 504 · Cf. Témoignages, p · texte numérisé non relu

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2. Système de la nature, ou des lois du monde physique et du monde moral, par M. MiraBau», secrétaire perpétuel, l'un des Quarante de l’Académie françoise, Londres, 1770, et : Nouvelle édition augmentée par l’auteur, Londres, 1774. Ce livre est un exposé systématique de l’athéisme au dix-huitième siècle.

le surnaturel est une dangereuse erreur. La nature est « le grand tout qui résulte de l’assemblage des différentes matières et des différents mouvements que nous voyons dans Punivers ! ». Tout est mouvement : si l’homme croit à l’existence de sa volonté, c’est pure ignorance des causes qui le déterminent. Les lois du mouvement — attraction, répulsion, tendance à la conservation de l’être — sont communes à tous les êtres dans la nature, et la nécessité des liaisons entre les causes et les effets n’existe pas moins dans l’ordre moral que dans l’ordre physique : le monde est éternel et la création impossible. Nulle réalité objective dans les notions d’ordre et de désordre. L'homme, produit de la nature, est soumis à la nécessité universelle, et c’est par ignorance des forces naturelles qu’il suppose un être intelligent. Il ne faut tenir compte ni du dualisme cartésien, ni des romans métaphysiques de Descartes et de Malebranche gâtés par la théologie, encore moins des extravagances de Berkeley 2: iln’y a niidéesi innées, ni libre arbitre; que l’homme s’en tienne à la connaissance sensible et aux vertus de société : il trouvera dans la résignation à la nécessité universelle le secret de sa nature et le moven de son bonheur.

Âinsi, dès ce premier livre, d’Holbach reprend, sans précision ni rigueur, et de seconde main, quelques idées de Bayle et peut-être de Spinoza. Elles servent de fondement à son athéisme.

Celui-ci s'étale ouvertement dans le deuxième livre : De la divinité ; des preuves de son existence ; de la manière dont elle influe sur le bonheur des hommes. L’argumentation y est uniquement consacrée à l’examen et à la critique des notions théologiques. La crainte aveugle des hommes a divinisé les forces naturelles ; la notion commune de Dieu, étant composée d’attributs négatifs et inconcevables, infinité, éternité, immatérialité, immutabilité, en même temps que de qualités humaines, est une notion confuse et contradictoire. Rien ne prouve que la vie future doive nous consoler du mal pré- - sent: Dieu, s’il existait, ne devrait rien à ses créatures : ses oracles seraient douteux et son injustice certaine. Aucune des preuves de l’existence de Dieu proposées par Clarke, Newton

1. Syst. de la nat., liv. I, chap. 1. Cf. Morale universelle, éd. de 1820, in-8,

t. I, chap. 11, p. 5.

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