Ibid., chap. 11, pp. 14-16 et sq
son fils; et celui-ci, déguisé en apprenti boulanger, allait porter aux prisonniers, nouveau Tarcisius, l'Eucharistie !.
Vers la fin de 1795, ses classes terminées, Gabriel Bruté, renonçant à l’Ecole polytechnique, se tourna du côté de la médecine, et, après deux ans d’études à Rennes, vint à Paris
suivreles cours de la Faculté ?. Dans ce milieu si hostile au
christianisme, il mit à défendre ses croyances, à marquer sa désapprobation lorsqu'elles étaient attaquées par les professeurs dans leurs cours, une ardeur des plus courageuses. Il n'était pas seul au combat: des jeunes gens que lavenir devait illustrer, Récamier, Cruvelier, Laënnec, Fiseau, tenaient tête avec lui à l’incrédulité3. Entre temps, il continuait à Paris les visites de charité qu'il avait commencées à Rennes, et, affilié à la fameuse Congrégation du P. Bourdier-Delpuits, il multipliait les bonnes œuvres #. Elles ne l’empêchaient pas d'achever brillamment ses études. En 1803, il présentait une thèse qui portait pour titre : Æssai sur l'histoire et lès avantages des institutions cliniques . |
I obtint avec tous les honneurs lé grade de docteur en
médecine, et la même année il reçut, après un remarquable
examen, le premier prix Corvisart 6. Peu après le gouverne-
. ment le nommait médecin d’un des premiers hôpitaux de
Paris 7. C’est alors qu'à la surprise générale il donna sa démission, et que, renonçant à l'avenir qui s’ouvrait pour
- Jui, il entra au séminaire de Saint-Sulpice $. Il y avait passé
trois ans déjà, édifiant tout son entourage par ses pieuses mortifications, et manifestant dans toute sa conduite cette spontanéité primesautière, ces élans quelquelois imprudents d’une âme généreuse, qui devaient marquer plus tard si pro-