COTE MATERNEL
3. Messire noble Jean-Claude Dronier, seigneur du Villa rd, me en la chambre des comptes de Dôle, et demoiselle Marie-Claudine Chevassu. Contrat du G juin Ki'.l2.
2. Messire Clnudi'-Antoine-Joseph Dronier. seigneur du Villard, Pratz, etc., conscider au Parlement de Besançon, et demoiselle Cécile-Eugénie Dolard. Contrat du 19 novembre 1719.
1. Dame Jeanne-Eugénie Dronier de Pratz, son épouse. Contrat du 21 août 1749.
Demoiselle Marie-Suzanne de la Martine, née le 6 juin 17Ô0.
Le compte des degrés ne lut pus tout à fait atteint, mais on passa outre et la jeune Marie- Suzanne fut admise.
« Ses vœux avaient été moralement forcés, « dit Lamartine dans les Nouvelles Confidences, « elle n'avait cessé de protester dans son cœur « contre la contrainte semi- monacale et contre la « cruauté du célibat auquel elle avait été con- « damnée ainsi avant l'à^e de raison et de (( volonté. )>
Contrairement à cette assertion, la chanoinesse semble s'être beaucoup plu a Salles. La règle du chapitre, d'ailleurs, n'était pas bien sévère. Ces dames n'étaient pas cloîtrées; elles se réunissaient à certaines heures pour prier et vaquer à des exercices pieux, mais elles avaient chacune leur habitation dans l'enceinte du prieuré. Elles sortaient souvent et passaient quelquefois plusieurs mois dans leur famille. Madame du Villard se rendait fréquemment, durant l'hiver, à Màcon, auprès de son père.
Ce qui contribuait à rendre la vie plus douce dans ce coin si retiré du Lyonnais à ces demimondaines, demi-recluses, c'étaient les amitiés qui bientôt naissaient des sympathies mutuelles
entre personnes du même milieu, de la même éducation.
Peu de temps avant la Révolution, la chanoinesse se lia avec une jeune personne qui venait d'arriver au chapitre, Mlle des Roys.
Mlle Alexis-Françoise Desroys ou Alix des Roys était fille de Jean-Louis Desroys ou des Roys, seigneur de Rieux et autres lieux, intendant général des finances du duc d'Orléans, et de Marie dite Marguerite Gavaut, sous-gouvernante des enfants de ce prince.
Elle avait passé son enfance et une partie de sa jeunesse au Palais Royal et à Saint-Cloud. où elle avait été élevée avec celui qui devint plus tard le roi Louis-Philippe.
Mme des Roys recevait , dans son salon , tous les personnages marquants de l'époque : d'Alembert, J.-J. Rousseau, Buffon, Grimm, Voltaire, Necker, Gibbon.
La jeune Alix, parmi ces hommes délite , put développer son esprit et agrandir l'horizon de ses connaissances ; mais au milieu de ce cercle un peu bigarré, elle eut bien vite ses préférences et elle sut faire un choix. Elle s'attacha surtout à Gibbon. Cet homme, si laid mais si
bon, fat touché Je cette sympathie. Tout en jouant avec L'enfant, il lui inspira le goût des études sérieuses et la passion de l'histoire.
Elle eut ses répugnances aussi; elle détestait les philosophes, a J'ai connu ces fameux philosophes dans ma jeunesse; faites, ô mon Dieu, qu'il ne leur ressemble pas1, » disait-elle plus tard en parlant de son fils.
Si les philosophes pouvaient être de quelque péril pour cette imagination en sa prime fraîcheur, les délices de cette société si frivole et si charmante de la fin du xvme siècle, dont le jeune abbé de Périgord disait : « Qui n'a pas (( vécu dans ces années ne sait pas ce que c'est « que la douceur de vivre, » étaient pour la jeune fille un danger bien autrement redoutable. Mme des Roys voulut y parer en éloignant sa fille.
« Le duc d'Orléans, comte de Beaujolais aussi )>, dit Lamartine dans les Confidences, « avait la nomination d'un certain nombre de a dames au chapitre de Salles, qui dépendait
a de son duché. »