Correspondance, t. II, p
'1. Des relations de voisinage existaient entre la famille de Lamartine H la famille de la Poix de Fréminville < pi i babitait le château de L'Aumusse, vieille commanderie des Templiers, ounane de Bâgé-le-Châtel, à <'> kilomètres de hf&con. Le jeune Lamartine avail été recommandé, lors de son voyage en Italie, à .M. Claude de la Poix de Fréminville, qui était alors auditeur aa Conseil d'État, sous-préfet de L'arrondissement de Rome L812). Il fut nommé ensuite sous-préfet à Foligno puis sous-préfet à Trévoux (Ain) 1815. Une véritable
nous transcrivons telle qu'elle est avec sou orthographe et sa ponctuation :
Maçon 25 janvier 1815
Je ne suis depuis deux mois Monsieur et très cher ami qu'à six lieues de vous, tous les jours j'y pense, tous les jours je sens le désir et le besoin d'aller vous voir, d'aller fortifier près de vous mon àme languissante et abattue, et je ne suis point parti encore, et je ne vous ai pas même écrit! Concevez vous un peu cet état là? ce triste état d'apathie et de malaise moral qui nous rend à charge à nous même, et qui nous fait craindre de l'être aussi à nos plus chers amis; tel est celui où je végète depuis mon retour; y savez-vous quelque remède? indiquez le moi; Aymon ' m'abandonne; je m'abandonne moi-même, je me laisse entraîner aux sots caprices de mon cœur, je ne les combats plus et ils deviennent bien vite des tyrans ; y a-t-il une philosophie assez vigou-
amitié ne tarda pas à naître entre notre poète et M. de Fréminville, amitié qui s'alliait, du côté de Lamartine, à un sentiment de respect dû à l'àg-e de son ami (ce dernier était son aine de 10 ans) et à ses hautes conceptions philosophiques. M. de Fréminville s'occupait beaucoup de métaphysique et surtout de platonisme ; notre poète était un fervent disciple de ce Platonicien. Nous le verrons plus tard l'appeler « mon cher maître en Platon ».