‹ La jeunesse de LamartineChapitre 108 sur 227 · il s'agit de son ami Aymon de Virieu · texte numérisé non relu

il s'agit de son ami Aymon de Virieu

relise pour me tirer de là? y en a-t-il une capable de

relever un courage éteint par le malheur et les inquiétudes de la vie ? vous qui connaissez ses secrets dites le moi. Si vous m'aimez écrivez moi quelque bonne et longue lettre. Parlez-moi de votre nouveau séjour, de vos occuppations, de vos loisirs,

Si mes amis sont heureux Je serai moins misérable!

dites-moi surtout quand je pourrai aller passer une soirée avec vous à Trévoux et quel jour on est sûr de vous trouver. Voilà mou congé qui s'écoule, il faut que j'en profite, que je vous voie avant mon départ pour Paris ! Avez-vous des nouvelles d'Aymon? il est plus paresseux que moi et cent (ois moins excusable; grondez-le.

Adieu je n'essaye pas de vous écrire plus au long; les malheureux doivent peu parler ; je vous embrasse avec une tendresse que vous ne connaissez pas, qui ne unira jamais, que tous ceux capables «le vous connaître éprouveront, vivez heureux et content; ou du moins occuppé et tranquille ; Point d'orages, point d'yvresse, voilà encore ce qu'on peut souhaiter de mieux; ce calme plat qu'on méprise étanl jeune, devient plus tard l'objet et le terme de nos désirs; quand l'atteindrai-je ? En attendant je Qotte entre l'ennuy et le tourment des passions; mais je conserve

du moins assez de raison pour mettre au dessus de tout votre amitié que la mienne mérite.

Alphonse de Lamartine à Mâcon

En suscription au verso :

Monsieur

Monsieur* de Fréminville sous-préfet

à Trévoux dépt de l'Ain.

Une longue lettre écrite de Trévoux à la date du 27 février 1815 par M. de Fréminville, qui en avait conservé le double, à son jeune ami Lamartine constate que celui-ci, dès ce moment, s'occupait de questions politiques. Il posait à M. de Fréminville ces questions :

Qu'est-ce qu'un ministre dans un gouvernement constitutionnel ?

Le ministre peut-il être considéré comme un pouvoir dans l'état?

Comment un agent passif peut-il être responsable?

Qui est-ce qui jugera les ministres? Sera-ce le roi ou les chambres ou tous les trois réunis?

Les événements se précipitent. « Notre paix

n'a été qu'un songe *, » s'écrie la mère du poète. L'empereur a débarqué de l'île d'Elbe. Au premier bruit de son arrivée à Paris, Lamartine y court. Il accompagne le roi jusqu'à Béthune, « avec des peines et des fatigues incroyables2, » dit la mère. On avait cru jusqu'ici que le jeune garde du corps n'avait eu qu'à caracoler aux portières du carrosse qui emportait le souverain à la frontière.

Remercié et licencié, il rentre à Maçon.

Les levées se succèdent : « II fallait, dit-il « plus tard, ou entrer dans les rangs des jeunes « soldats mobilisés pour l'armée ou acheter un « homme qui m'y remplaçât au service de l'Em- « pire. Je ne voulus ni l'un ni l'autre. Je décla- « rai à mon père que j'aimerais mieux mourir « fusillé par les ordres de Bonaparte que de « donner une goutte de mon sang ou une goutte « du sang d'un autre au service et au maintien « de ce que j'appelais la tyrannie. 3 »

La Suisse est neutre ; il y passe par la

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