Les Confidences, p. 30, in-12, Hachette
Lamartine nous parle, dans ses Confidences , d'un portrait de sa mère à l'âge de 16 ans, en costume de chanoinesse. Ce portrait n'existe plus. M,ne Valentine de Lamartine ne possède qu'une miniature de sa grand'mère , faite dans les dernières années de sa vie, c'est-à-dire vers 60 ans. Elle est représentée la figure enfouie dans une cornette à franges de la Restauration : tète fine, distinguée, œil vif, intelligent, mais il est difficile de retrouver la jeune fille dans ces traits de grand'mère.
Le contrat de mariage lut signé à Lyon, le 4 janvier L790, (levant Mc Fromental jeune, notaire en cette ville.
Le mariage fut célébré à Lyon, en l'église d'Ainay, le 7 janvier 1790 -.
1. Des doutes s'étaient élevés sur cette date. Voici ce qu'on lit dans le Manuscrit de ma mère, 6 mars 1804 : « C'est l'an ni — « versaire de mon mariage. Il y a aujourd'hui 14 ans que j'ai « eu le bonheur d'épouser un homme selon le cœur de Dieu, » p. 137, 138.
Le mariage étant du 6 mars 1790, la naissance de Lamartine étant du 21 octobre 1790, l'enfant était né avant terme, à 7 mois 1/2.
Des recherches obligeantes faites, à notre prière, aux archives municipales de Lyon, par M. Guigue , ont dissipé toute incertitude, en fixant la vraie date qui est celle ci-dessus. Voici les qualités des parties telles qu'elles sont libellées à l'acte de mariage :
« Pierre de la Martine, chevalier, capitaine au régiment « Dauphin-cavalerie, fils légitime de messire Louis-François « de la Martine, chevalier, seigneur de Montceaux, Montculaux « et autres lieux, chevalier de l'ordre royal et militaire de « Saint-Louis, et de dame Madelleine-Jeanne-Eugénie Dro- « gnère, dame de Praltz , du Villarque, Bellecombc et autres « lieux.
« Et Alexis Françoise Desroys , chanoinesse, comtesse du « noble chapitre de Salles en Beaujolais, tille légitime et « mineure de messire Jean Louis Desroys, seigneur de RietUC, « ancien intendant des finances et commissaire général de feu « son altesse sérénissime Mgr le duc d'Orléans, et de Mgr le
duc d'Orléans, ^«>n fils, et de dame Marie Gavant, ancienne « sons-gonrernante des princes enfants de son altesse -• renia* i rimi Mgr Le 'lue d'Orléans. &J
LES ORIGINBS 17
Le chevalier de Lamartine quitta le régiment en se mariant, ou peu de temps après, et vint, avec sa jeune femme, se fixer à Màcon dans la petite maison de la rue des Ursulines où elle porte le n° 18, annexe de l'hôtel Lamartine que son père mit à sa disposition '.
C'est là que, le 21 octobre 1790, naquit le poète "2.
Quel âge avaient les époux en se mariant ? Il n'y a aucun doute pour le futur : né le 21 septembre 1752, il avait 38 ans. Il n'en est pas de même pour la future : on lit, dans le Manuscrit de ma mère, à la date du 9 novembre 1805, p. 150 : « J'ou- « blie souvent que j'ai 38 ans. » S'étant mariée en 1790, c'est-àdire depuis 15 ans, elle aurait donc eu 23 ans à l'époque de son mariage, mais l'acte de célébration de son mariage, ci-dessus énoncé, porte qu'à cette date elle est mineure.
1. « L'arc en accolade de la porte d'entrée dénote une construction du commencement du xvie siècle. Au dessus on voit un écu chargé d'une flamme en pointe et de deux étoiles à cinq rais en chef qui se réfère à une famille actuellement inconnue dans le Maçonnais. » [Album du Centenaire de la naissance de Lamartine, par M. L. Lex, Màcon, 1890.)
2. Voir acte de baptême inséré à l'Album du Centenaire de la naissance de Lamartine, par M. L. Lex, Màcon, 1890.
F. Ueyssié. — La Jeunesse de Lamartine.