‹ La jeunesse de LamartineChapitre 128 sur 227 · Raphaël · texte numérisé non relu

Raphaël

ZLk LA JEUNESSE DE LAMARTINE

yeux de l'amant que nous l'avons vu l'évoquer jusque dans un sanctuaire et que, devenu père, nous le verrons donner le nom de la bien-aimée à une fille chérie.

Si cet amour était sans tache, il devait être sans fin. Aussi, quand Julie lui est ravie, c'est un déchirement; il est (il le dit lui-même) « comme une âme aveugle qui a perdu la « lumière du ciel et qui ne se soucie plus de « celle de cette terre ». Il se fait en lui la révolution qui brisa le cœur de JoufTroy dans cette nuit fatale où s'engloutit la foi de son enfance. « Il sent sa vie, sa première vie si riante, si « pleine, s'éteindre et, derrière lui, s'en ouvrir a une autre, sombre et dépeuplée, où, désora mais, il va vivre seul1. »

Le voilà en proie au mal du siècle si éloquemment défini par M. Taine 2. Il le connaissait bien ce mal par Chateaubriand, Byron et Shellev. Ces grands ténébreux avaient assombri parfois ses heures de vagues rêveries; mais ils avaient eu peu de prise sur son âme essentiellement

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