‹ La jeunesse de LamartineChapitre 16 sur 227 · la Bé la Martine du trese octobre · texte numérisé non relu

la Bé la Martine du trese octobre

28. de Lamartine ainée a lopital 172. Lamartine cades, du neuf pluviôse 195. Lamartine ex chanoine (l'i ventôse).

D'après les Confidences , tous les Lamartine auraient été incarcérés à Autun. Or, il résulte d'investigations minutieuses faites en cette ville, par M. Le Téo, professeur d'histoire, qu'un seul Lamartine fut écroué dans la prison. Il figure comme étant arrêté le 25 vendémiaire, an II, parmi les prêtres du district de Màcon. [Archive* d' A ut un, série lro, police révolutionnaire C'était "u L'abbé de Montculot, inscrit aux Ursules sous le n° 23, ou l'ex-chanoine inscrit sous le n" 195, comme on l'a vu ci-dessus.

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Comme on le voit clans ce tableau, Louis- Franeois et son fils aîné François-Louis figurent sur la liste des émigrés; mais, comme on le voit aussi, Louis-François, le vieux seigneur de Montceau, réclamait contre sa qualité d'émigré et la séquestration de ses biens.

Le directoire du département de Saone-et- Loire, par un arrêté en date du 12 avril 1792, fit droit à sa réclamation 1.

1. Voici cet arrêté, tel qu'il est libellé au registre des arrêtés du directoire relatifs au séquestre des biens d'émigrés, du 31 mars 1792 au 15 décembre 1792. (Archives départementales IL, 4.)

N° G. District de Màcon. Lamartine en mainlevée.

Du 12 avril 1792, l'an IV0 de la Liberté.

Vu la requête présentée par le sieur Louis-François Lamartine père, afin d'obtenir mainlevée des scellés apposés dans une maison à lui appartenant, au village de Milly, par les officiers municipaux du même lieu,

Vu pareillement le contrat de mariage du sieur Pierre Lamartine, en date du 4 janvier 1790, par lequel le sieur Lamartine père, en constituant le domaine dont il s'agit en dot au sieur son fils, en réserve la jouissance pour lui et son épouse, leur vie durant,

Va encore l'avis du directoire du district de Màcon du jour d'hier, duquel il résulte que le sieur Louis-François Lamartine a constamment résidé et réside encore à Macon,-

Le procureur général, syndic, ouï,

Le directoire du département de Saône-ct-Loirc arrête que

mainlevée pure et simple des scellés apposés sur le d aine

de Milly, énoncée dans ledit arrêté, est accordée au pétition-

De son côté le directoire du district de Coudai-Montagne (Saint-Claude), par un arrêté du 3 Prairial an II, accueillait la demande-4.

nairc, les officiers municipaux de ]a commune de Milly enjoints de les lever à la diligence du procureur syndic à la vue du présent arrêté, tous gardiens séquestres tenus de faire le relâchement des objets saisis, quoi faisant déchargés, et à défaut par lesdils officiers d'y satisfaire sur le champ, permis audit pétitionnaire de faire lacérer lesdits scellés aux frais desdits officiers. Dont sera réglé procès-verbal par le premier officiel requis, sauf néanmoins l'exécution de l'art. 6 de l'arrêté du département, du 22 mars 1792.

1. Voici cet arrêté que nous devons à l'aimable communication de notre collègue à l'Académie, M. Francisque Lacroix, pharmacien-chimiste à Mâcon :

Extrait du registre des arrêtés du Directoire du district de Condal-Montagne (Saint-Claude) .

Séance publique du 3 Prairial an II de la République française une et indivisible.

Présents les citoyens : Grandjacquet, vice-président, Tissot, Martin fils, administrateurs, Lorain fils, agent national , et Mathieu, secrétaire général.

« Le citoyen Louis-François Lamartine père, demeurant à « Màcon , fait remettre au directeur le certificat de résidence « qui lui a été accordé par la municipalité dudit lieu, le 14 flo- « réal dernier, lequel a été publié et affiché suivant le prescrit « de la loi , visé par le comité de surveillance de Màcon qui « déclare qu'il n'est point compris dans la listé des suspects, « visé au«*i par le district, le 25 floréal , avec attestation qu'il « n'est point porté dans la liste des émigrés, visé enfin le même « jour par l'administration départementale.

« Le Directoire arrête qu'il sera envoyé à la commission « administrative par le courrier de ce jour. »

Francois-Louis, le fils aîné du seigneur de INÏontceau, aurait donc seul émigré. Son séjour à l'étranger semble avoir été de peu de durée, car, le 13 octobre 1793, nous le voyons incarcéré aux Ursulines avec son frère Pierre; il s'y trouve encore, ainsi que ce dernier, le 19 mai 1794.

Thermidor vint ouvrir les prisons.

Le vieux seigneur de Montceau eut la joie de revoir tous les siens dans son hôtel de la rue Bauderon-de-Sennecé. Le chevalier de Lamartine n'y resta pas longtemps. Il avait hâte de s'installer dans son domaine de Milly, de s'y enfouir, lui et sa famille.

Ce petit voyage impressionna beaucoup le jeune Alphonse. Il s'en souvenait avec attendrissement dans sa vieillesse. « Je commençais h « voir et à comprendre les choses extérieures <( quand mon père et ma mère nous amenèrent, a toute leur tribu d'enfants, dans une longue « file de chariots à boeufs, nous établir à Milly. « Notre mère était dans le chariot qui marchait « le premier, avec deux petites filles entre ses « genoux, une autre à son sein. Mon père allait « à pied... Les aiguillons des bouviers, les <( gémissements et les regimbements des bœufs,

« les clameurs épouvantées des femmes, le « rire des enfants dans les chars, faisaient un <c spectacle moitié pittoresque , moitié tou- « chant1. » C'est une scène biblique, patriarcale, la première que l'enfant eut sous les yeux. On mit des lits, des tables, des chaises dans la maison froide, nue, carrelée. Et alors commença, au sein du vallon aride, cette vie des champs qui devait durer tant d'années.

ce II (Lamartine) est chez nous le poète de la

« nature, dit M. Ferdinand Brunetière , le seul

ce peut-être que nous ayons, en tous cas, le plus

<c grand et il l'est pour n'avoir pas appris à

« décrire la nature, mais pour avoir commencé

« par la sentir. C'est la sincérité de ses impres-

<( sions qui en fait non seulement la profondeur

« ou l'intimité, mais encore, dans notre poésie,

« la presque unique originalité. Et la sincérité

« de ses impressions, à son tour, il en doit la

« meilleure part à son éducation, cette éduca-

<c tion que l'on reçoit involontairement des

« choses et qui fait en chacun de nous le fond

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