Premières méditations poéti/ues
Rentré à Màcon à la fin de Tannée, il y travaille, mais pas aux vers; il en est dégoûté : « Je « mets au nombre de mes plus grandes calami- « tés, écrit-il à Mll° de Canonge, l'influence « funeste qui m'a fait naître poète dans un « siècle de mathématiques. Il faut être de toute « éternité prédisposé au malheur dans le monde « pour être poète, quand les vieilles nations civi- <i sées sont usées sur toutes les nobles illusions « de l'esprit et de l'âme; il faut alors produire « pour produire parce que c'est un besoin de la « nature et sans en attendre ni profit ni gloire « de son vivant. Il vaut mieux cultiver son « champ, et c'est là depuis longtemps mon ambi- « tion et le terme de mes désirs, le reste n'est a que vanité et affliction d'esprit, comme le « disait très bien Salomon1. »
Il a passé tout l'hiver à Mâcon, souffrant bien souvent, bien souvent faisant des rêves de malade. Toujours à court d'argent, il projette de se faire concéder une petite île vis-à-vis de Livourne, la Pianozza , « inculte, mais très fertile. » On y transporterait des charrues, des Anes,