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Nouvelles méditations poétiques

F. Reyssié — La Jeunesse de Lamartine. 19

et désirant être étoile pour apporter des consola tions aux malheureux, s'écrie :

Je visiterais l'homme et s'il est ici-bas

Uû front pensif, des yeux qui ne se ferment pas,

Une âme en deuil, un cœur qu'un poids sublime oppresse

Répandant devant Dieu sa pieuse tristesse

Mon rayon pénétré d'une sainte amitié

Pour des maux trop connus prodiguant sa pitié

Comme un secret d'amour versé dans un cœur tendre

Sur ces fronts inclinés se plairait à descendre

Ma lueur fraternelle en découlant sur eux Dormirait sur leur sein, sourirait à leurs yeux; Je leur révélerais dans la langue divine Un mot du grand secret que le malheur devine; Je sécherais leurs pleurs1

A la mi-juin notre poète est au Graud-Lemps, chez son ami Virieu qui est souffrant : « Chacun (.( travaille dans son genre aux quatre points a d'un immense salon où nous sommes dès huit « heures élu matin ; nous avons force livres et « journaux de toutes les langues et c!e toutes « les couleurs2. »

1. Nouvelle» méditations poétiques, les Etoiles. •J Correspondance, t. Il, p.

Il y compose la méditation Le Vallon^, que chacun sait par cœur.

Sa santé n'est pas bonne encore. On lui conseille Aix, mais il ne veut pas s'y rendre : « Ce pays me rappelle de trop pénibles souvenirs 2. »

Il va consulter à Lyon ; son état est grave ; il se croit perdu. Il jette un coup d'œil sur le passé et quitte sans effort ce monde en chantant Le Poète mourant.

La coupe de mes jours s'est brisée encor pleine,

s'écrie-t-il à peu près comme la jeune captive d'André Chénier. Il est plus résigné que « l'aimable prisonnière » ; c'est que, s'il a comme elle « les ailes de l'espérance », cette espérance est celle que donne la foi :

Comme l'oiseau qui voit dans les ombres funèbres, La foi, cet œil de l'àme, a percé mes ténèbres ; Son prophétique instinct m'a révélé mon sort. Aux champs de l'avenir combien de fois mon àme, S'élançant jusqu'au ciel sur les ailes de flamme, A-t-elle devancé la mort ?

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