Archives du de parle ment de l'Ain, D, nOJ 9 et
En 1793, le collège disparut. A partir de cette époque, il n'existe plus de documents sur cet établissement dont les directeurs étaient dispersés. C'est en Angleterre surtout qu'ils cherchèrent un refuge. Il est probable qu'ils emportèrent avec eux, dans ce pays, leurs papiers et archives.
Sous le Consulat, on voit les Jésuites, sous le nom de Peines de la foi, prendre le collège à leur compte.
C'est à ce moment qu'on pense, à Milly, à leur confier le jeune Alphonse. La mère va voir « l'oncle terrible » à Montceau, le gagne à sa cause ; le père donne son consentement et les voilà tous deux, la mère triomphante et le fils se laissant conduire, « volens volentem », au mois d'octobre 1803, sur la route du Bugey.
Les plaines de la plantureuse Bresse, « cette Lombardie française, » les rochers pittoresques de la vallée de l'Albarine, cette rivière bleuâtre glissant comme une couleuvre au fond des gorges, sur un lit de cailloux blancs, les chaumières fumant au milieu des tertres verts et des vignes en festons, puis les mamelons boisés, les lointaines perspectives, les hautes montagnes et
les couchers de soleil derrière leurs cimes aux teintes violettes, tout cela, vu en automne, fut un délice pour les deux voyageurs.
On arrive. Le collégien s'installe. La mère passe la moitié de la nuit à pleurer. Elle va le voir le lendemain matin, à travers les grilles, mais sans se montrer, « II aurait trop pleuré, « dit-elle, et moi aussi. Il vaut mieux ne pas « amollir ces pauvres enfants destinés à devenir « des hommes1 ! »
Le jeune enfant se plut tout de suite au collège de Belley. L'éducation y était douce, bienveillante, paternelle. L'instruction qu'on y donnait s'accordait à ses aptitudes ; elle avait sa base dans l'imagination, dans le sentiment, plus que dans les données sévères de la raison. Les sciences exactes y étaient négligées ; mais, en revanche, l'histoire, la littérature grecque, la littérature latine et, en particulier, les poètes étaient en grand honneur.
Un an se passe; les vacances s'ouvrent; la tendre mère court à Belley d'où elle doit ramener son fils. « Je l'ai vu dans la cour en arri- « vant ; il a été aussi ému que moi ; il est devenu