‹ La jeunesse de LamartineChapitre 60 sur 227 · Correspondance, t. I, p · texte numérisé non relu

Correspondance, t. I, p

père propriétaire de vignes, à la merci de la grêle, de la gelée... et du reste. Et puis il ne veut pas mettre à contribution sa tendre mère dont la bourse s'ouvre trop complaisamment et dont le cœur aime à faire des sacrifices. Voilà pourquoi il demande une carrière. « Nous « sommes, mon mari et moi, écrit la mère, bien « tourmentés de ce que nous allons en faire. Il « adore l'état militaire qui est celui de son père ; « mais cette guerre contre la Prusse dévore « tant et tant de jeunes gens! et puis la licence « des armées est si mortelle à l'innocence ! Que « Dieu nous éclaire * ! »

La mère s'effraie, les tantes aussi; les oncles, quoique libéraux, étroitement attachés au roi légitime, le père, ce blessé du 10 août et toujours fidèle, ne comprennent pas qu'on puisse servir le soldat parvenu.

Le barreau n'aurait pas déplu au jeune homme ; faire son droit à Dijon lui aurait souri, mais de ce côté-là encore il trouve auprès de sa famille une certaine répugnance. On aime mieux le laisser désœuvré clans une petite ville de province et dans une gentilhommière de campagne, en

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