Le Manuscrit <le ma mire, p
LES PREMIERS VBHS 107
attendant des héritages. « On veut à toute force « que je ne fasse rien *, » s'écrie-t-il.
Et voilà cette nature vive, éveillée, portée à l'action quoique touchée d'une teinte de mélancolie, influence maternelle peut-être, refoulée et forcée de se replier sur elle-même. Cette intelligence brillante, compréhensive, que les luttes du monde eussent vivifiée, va être, au moins pendant les premières années de sa jeunesse, tout Imaginative, tout spéculative. Il lui faut un débouché pourtant à cet adolescent qui a le sentiment de sa valeur et qui veut prendre son essor. Il le trouve dans l'étude, dans les lettres, « les seules occupations dignes de nous, dit-il, « dans un temps où toute carrière active nous « est fermée, hors celle du génie et des arts ; » et d'un courage invincible, il se met à la besogne ; il travaille neuf heures par jour, « Travaillons, « travaillons, écrit-il à son ami de Virieu, nous « n'avons que cela à faire de cinq à six ans-; » puis : «j'ai grand besoin de semer pour moisson- « ner ensuite3 ». Il prend des leçons de grec,