‹ La jeunesse de LamartineChapitre 68 sur 227 · LES PREMIERS VERS · texte numérisé non relu

LES PREMIERS VERS

ou guillerets et folâtres comme ceux-ci écrits à Virieu :

Ali ! donne-moi Lucrèce de quinze ans, Simple et gentille et pourtant point volage Que j'aime bien, qui m'aime davantage ! Je te le jure, amour, je serai sage '.

On le voit, la muse devient libertine. C'étaient bouillons de jeunesse, folle avoine des vingt ans. Les journées passées à Màcon, quoique fort occupées, avaient leur moment de répit, de doux nonchaloir. Les soirées d'hiver étaient longues. Le jeune homme aimait beaucoup le spectacle ; on y faisait quelques rencontres, on s'y donnait des rendez-vous.

« Je dois trouver au théâtre, écrit-il à Guice chard, une femme assez jolie et très coquine « avec laquelle j'ai ri toute la soirée hier dans « une petite loge. Honni soit qui mal y pense ! « mais je m'amuse seulement à l'embrasser, à la « chatouiller et à bavarder sans aller plus loin. « J'en espère faire autant tout à l'heure et puis « revenir tristement coucher tout seul. Timeo « Daiiaos, etc.2 »

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