‹ La jeunesse de LamartineChapitre 7 sur 227 · Edition de 1745, Londres, p · texte numérisé non relu

Edition de 1745, Londres, p

les seigneurs de Montceau qui brisaient en chef d'un lambel à trois pans d'argent.

En 1735, la branche aînée, se trouvant sans postérité masculine, Tut continuée par la branche cadette de laquelle est issu le poète.

Lamartine portait, à son écu, pour timbre : la couronne de comte à neuf perles; pour supports : deux lions armés et lampassés de gueules; pour devise : A la garde de Dieu.

Il avait substitué, dans ses cachets, des bandes aux fasces, et il portait de gueules au trèfle d'or entre deux bandes de même1.

Le grand-père du poète, Louis-François de Lamartine, seigneur de Montceau, de la Tour de Mailly, de Péronne, de Champagne, d'Urcv, Montculot, Poissot, Quéminé et autres lieux, ancien capitaine aux régiments de Tallard et de Monaco-infanterie, chevalier de Saint-Louis, épousa, le 25 août 1749, à Morez (Jura), Jeanne- Eugénie Dronier de Pratz, fdle de messire

1. Pour la généalogie et les armoiries des Lamartine, voir : Indicateur héraldique et généalogique du Maçonnais, M. A. Arcelix, Maçon, 1864; Lamartine et sa famille, M. Révérend di Mesnil, Lyon, 1869; Album du Centenaire de la naissance de Lamartine , publié par M. L. Lex, archiviste de Saône-et- Loire, Mât-on , 1890.

Claude-Antoine-Joseph Dronicr, écuyer, conseiller honoraire an parlement de Besançon, seigneur du Villard, Pratz et autres lieux, et de Cécile-Eugénie Dolard, dame du Taillac.

Les Drouier, seigneurs du Villard et de Pratz, portaient d'argent au cyprès arraché de siuoj^le au chef d'azur chargé de deux étoiles d'or.

Mlle Dronier de Pratz était une riche héritière ; elle apportait à son mari des biens importants sis en Franche-Comté : le château de Pratz, la terre du Villard, celle des Amoraudes, la forêt du Fresnoi, des usines à Morez, etc.

Louis-François de Lamartine avait quitté le régiment dès avant sou mariage. Il vécut tantôt en Franche-Comté, tantôt en Bourgogne, administrant ses nombreux domaines. Personnage considérable et considéré dans son pays, il fut élu de la noblesse des états du Maçonnais, le 19 novembre 1760.

Sa résidence favorite pendant l'été et l'automne fut Montceau. Cette terre seigneuriale était échue à la branche cadette des Lamartine par un mariage, en 16G2. Sise à G kilomètres de Mâcon, sur la route de Cluny, elle s'étendaii toute florissante de vignes, dominée par un cha-

teaa de la fin du xvii0 siècle ou du commencement du xvin0, de noble apparence, un peu théâtrale peut-être. On y accédait par une aveune de plus d'un kilomètre, ombragée de noyers séculaires.

Pendant les vendanges, l'hospitalité s'y exerçait large, plantureuse. Ce n'était que Tètes, réjouissances, comédies dans la salle de spectacle du château ou bals champêtres dans les vastes celliers où ruisselait le vin nouveau1.

L'hiver ramenait le seigneur de Montceau à Màeon, en l'hôtel qu'il venait de bâtir, dans le quartier haut de la ville, construction massive, sans ornement, simplement édifiée pour y abriter une nombreuse famille2. Il y adjoignit deux petites maisons de la rue des Ursulines portant actuellement les nos 18 et 20, qu'il mit en communication avec l'hôtel par des couloirs intérieurs.

1. Le château de Montceau et ses belles dépendances existent toujours. Du haut des terrasses, la vue est charmante ; bornée au sud-ouest par les croupes des roches de Verg-isson et de Solutré, elle suit la courbe que décrit la rivière de la petite Grosne avant de se perdre dans le lointain de la plaine bressane.

2. Cet hôtel est dans le même état qu'autrefois. Il porte le n° 3 de la rue Bauderon de Sennecé.

Six enfants naquirent de l'union de Lamartine-Dronier de Pratz : trois fils et trois filles.

L'aîné des fils, François-Louis « l'oncle terrible », au demeurant, l'oncle bienfaisant, né le 6 juillet 1750, fut admis à l'âge de 19 ans, après avoir fourni les preuves de noblesse requises, à l'école des chevau-légers de la garde du roi, mais le mauvais état de sa santé le fit réformer et il revint bientôt auprès de son père qu'il aida dans la gestion de ses propriétés. En 1775, nous le voyons figurer à la chambre de la noblesse des états de Bourgogne.

Le second, Jean-Baptiste-François, l'oncle de Mont culot, entra dans les ordres et ne tarda pas à devenir vicaire général du diocèse de Màeon.

Le troisième, Pierre, appelé le chevalier de Lamartine ou le chevalier de Pratz, est le père du poète.

I /aînée des filles, Marie-Charlotte-Eugénie, connue sous le nom de Mademoiselle de Lamartine, fut une sainte. Douce, gracieuse, toute à tous, la main toujours ouverte aux bonnes œuvres, elle vécut avec son frère aîné a Montceau et à Màcon, la providence des pauvres.

La seconde, Marie-Sophie, appelée Mademoi-

selle de Montccau, resta toujours, dit Lamartine, « dans une demi-en fan ce. » Elle s'attacha au père et, plus tard, à la mère du poète, et celle-ci, la considéra comme une fille de plus dans la maison.

La dernière, Marie-Suzanne, fut la chanoinesse, la tante du Villard, toujours grondante, mais toujours bonne, qui devait tenir une si grande place dans la famille Lamartine.

Quand elle eut quinze ans, son père voulut la faire entrer au chapitre noble de Saint-Martinde-Salles en Beaujolais.

Salles1, situé à 9 kilomètres de Yillefranchesur-Saône, fut d'abord un prieuré de Tordre de Cluny habité par les moines. En 1268, des Bénédictines de l'île de Grelonges, sur la Saône, en face d'Anse, chassées par une inondation, se réfugièrent dans le monastère de Salles dont elles dépendaient et en expulsèrent les religieux. Elles s'y établirent si bien, qu'en 1782 elles y étaient encore et qu'elles obtenaient du roi

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