LAMARTINE ET L'ACADEMIE DE MAÇON
La Société des sciences, arts et belles-lettres de Màcon nommée plus tard l'Académie de Màcon. — Les membres résidents ; un entraîneur, If. de Larnaud. — Les membres correspondants. — Entrée de Lamartine à l'Académie : son discours de réception ; ses études des littératures étrangères ; son esprit compréhensif. — L'Académie exerçat-elle quelque influence sur son génie ? — Lamartine aux séances ; les fonctions qu'il remplit ; lecture qu'il fait de plusieurs méditations ; l'Hymne au soleil. — Divergence d'opinions de ses collègues sur sa poésie. — L'Académie pierre de touche.
Fondée le 22 fructidor an XIII [9 septembre L805) sous la dénomination modeste, mais un peu vague, de Société d'encouragement, la Société des sciences, arts et belles-lettres de Màcon , qu'on appela plus tard l'Académie de Màcon, avait réuni un groupe de savants et de lettrés habitant la région, heureux de trouver
un aliment et un but à leurs talents et à leurs studieux loisirs. « Tous les mois, dit Lamartine, « les trente ou quarante membres de cette aca- « demie se réunissaient en séance , dans la « bibliothèque de la ville, lisaient des rapports, « des recherches , des projets d'amélioration « agricole, se donnaient des motifs de travail, « de discours, de compositions littéraires, quelce quefois même de poésie. Une douce émula- « tion s'établissait ainsi entre ces hommes que « l'inertie aurait stérilisés. Ils ne s'exagéraient « pas l'importance de leurs travaux, ils ne vice saient à aucune gloire extérieure; ils tiraient le « rideau de la modestie sur eux. Ils avaient pour « mot d'ordre : le beau, le bon, l'utile désin- « téressés1. » Il n'y avait pas là que les oisifs; il s'y trouvait aussi ceux que leur profession n'absorbait pas au point de leur faire négliger ce qui orne la vie et lui donne sa véritable saveur, je veux dire les jouissances intellectuelles.
Parmi les membres résidents, l'Académie comptait à sa naissance :
Son premier président, M. de Roujoux, préfet de Saône-et-Loire; le maire de Mâcon, M. Barjaud,