‹ La jeunesse de LamartineChapitre 89 sur 227 · Cours de littérature dramatique, t. IV. p · texte numérisé non relu

Cours de littérature dramatique, t. IV. p

pêcheurs, étaient employées à choisir et à rouler en cigarettes des feuilles de tabac. Notre Maçonnais, très désœuvré comme on l'a vu, rodait bien souvent autour de ces ouvrières, le soir surtout à la sortie. Celle qu'il devait illustrer plus tard sous le nom de Graziella, fille d'un pêcheur de Procida, se laissa suivre, consentit à entendre les propos d'amour dont notre poète avait appris le langage, les mots si doux au cœur, si harmonieux à l'oreille qu'il lui chuchota : car a 7/iia, carinna /nia, et, en sœur de Juliette, elle l'aima, l'adora comme sa madone et se donna. Lui, cueillit cette fleur du Midi et en respira le parfum qui, pour un temps, enivra ses sens.

Est-ce là une idylle?

Est-ce Dapluiis et CJdoc?

Est-ce cette délicieuse pastorale païenne saupoudrée de christianisme, Paul et Virginie?

Non, car là chacun des deux amants aime et est aimé; c'est « une amour et tendre et mutuelle )>.

Ici « le héros complaisammcnt enfermé dans la béatitude du moi, se laisse aimer par la belle Procitane, recevant tout et ne donnant rien », dit

fort justement Saint-Marc qui préférait à l'épisode de Graziella celui de Lucy L..., parce que là « deux cœurs battent à l'unisson l ».

A Naples, notre jouvenceau est en bonne fortune, voilà tout !

Son ami Virieu l'ayant rejoint, on fait la fête ; on organise des parties de barque dans le golfe. Il y a de la musique :

Combien de fois près du rivage Où Nisida dort sur les mers, La beauté crédule ou volage Accourut à nos doux concerts !

Combien de fois la barque errante Berça sur l'onde transparente Deux couples par l'amour conduits.

Tandis qu'une déesse amie Jetait sur la vague endormie Le voile parfumé des nuits 2 !

(( En termes vulgaires, une partie carrée ! » dit Scherer3.

La pauvre fille, un jour, donna à son amant le

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