LOUIS EN ROUTE POUR DIEPPE
à la tête des seigneurs et des hommes d'armes qu'il conduisait à Dieppe excita la curiosité et Tenthousiasme de la foule qui ignorait le vrai motif de sa nouvelle visite. La grande ville ne se consolait pas de sa disgrâce ; rester ainsi des mois, des années ce sans nouvelle de Roy, ne de Reyne, ne de quelque signeur de France, ne que seilz fussent à IP lieues^ »; subir, sans pouvoir s'en plaindre aux Princes, ces gouverneurs qui, « soubz leurs umbres faisoient taille sans cesser* », était, pour son orgueil, une intolérable souffrance, et, à chacune des visites de Charles Vil ou du Dauphin, Paris répétait le même vœu, se reprenait à la même espérance : le rétour de la Cour ! Aussi, sur son passage, Louis put-il entendre les doléances se mêler aux Noëls ; mais comme il n'était pas venu pour recueillir les requêtes ou les suppliques des Parisiens, et que d'ailleurs il était indifférent au luxe des fêtes qui lui étaient offertes, il consacra son séjour aux affaires ; au nom du Roi, il imposa une lourde taille'; il en surveilla la levée immédiate; il réunit un Conseil où la situation militaire du Royaume fut examinée*, et, entre temps, il éprouva son autorité personnelle contre le Parlement qui se permettait certaines résistances aux volontés
* Journal d'un Bourgeois de Paris^ p. 369-370.
* Ibid,^ p. 370.
» Ihid., p. 368.
* Le Grand, Histoire de Louis XI ^ p. just., Bibl. nat., f. fr. 6966, f^ 100 r**.
royales; pour un peu, il eût parlé de mettre à la raison Messeigneurs les légistes.
Au mois de février précédent, le jeune Prince avait sollicité de Charles VII, en faveur de Charles d'Anjou, le don du comté de Gien-sur-Loirc, des châteaux, villes et seigneuries de Saint-Maixent, Melle, Civray, Chizé et Sainte-Néomaye en Poitou * ; le Roi avait consenti, et ses lettres, rédigées dans un Conseil présidé par Louis, portaient que la donation était accordée en considération des longs services de Charles d'Anjou et, aussi, parce que « de ce, nous a très humblement et instamment supplié et requis notre très chier et très amé ainsné (ils le Daulphin de Viennoys^ ». Mais, suivant un usage qui remontait à Philippe VI , Tacte royal devait être entériné au Parlement de Paris, puis enregistré en la Chambre des Comptes \ Or, le Parlement s'était fait une règle de s'opposer aux aliénations
^ Lettres do Cliarles VII, datées de Montauban, février i443, « Ainsi signé : Par le roy en son grant conseil, ouquel monseigneur le daulphin, le conte de la Marche, l'arcevesque de Vienne, l'evesquc de Magalonne, l'admirai et plusieurs autres estoient » ; publiées par P. Guérin, liecueil des Documents concernant le Poitou contenus dans les Registres de la Chancellerie de France^ dans les Archives historiques du Poitou, t. XXIX, p. i5a.
2 fbid.^y. i48.
' Cf. Félix Aubert, Le Parlement de Paris de Philippe le Bel à Charles VII (Paris. 1886-1890, a vol. in-8^), t. II : Compétence et attributions, p. ai8-u^6. — On constate plusieurs preuves d'enregistrement dès le xiii^ siècle, mais ce n'est que dans le premier tiers du xiv° siècle que le Parlement eut un registre spécial, ihid.^ p. ai8.
LES INCIDENTS DU VOYAGE aSj
du domaine afin de lasser l'avidité des princes ou des favoris, et de contenir la munificence des Rois; tantôt, il refusait l'enregistrement des donations, tantôt, il le différait le plus longtemps possible. A dire le vrai, les Parlementaires n'affectaient un tel souci de sauvegarder les terres de la Couronne que pour mettre plus en relief le contrôle qu'ils exerçaient sur l'autorité royale. Depuis six mois donc, les lettres octroyant Gien et les autres villes à Charles d'Anjou attendaient l'entérinement*. Le lendemain de son arrivée à Paris, le Dauphin, recevant la visite des Présidents de la Cour, leur manifesta l'étonnement que lui causaient ces lenteurs et son vif désir de voir cette affaire se terminer au plus tôt.
Deux jours après, il délégua l'évèque d'Avignon, Tun de ses conseillers*, à l'audience du Parlement, avec ordre d'y prendre la parole, en son nom, s'il était nécessaire. A ladite audience, lorsque les avocats eurent été appelés. Maître Jean Luilier, avocat de Charles d'Anjou, se présenta et requit l'enregistrement des lettres royales ; le procureur général essaya , une fois de plus , d'un moyen dilatoire en faisant observer que
* Arch. Nat. Reg. du Parlement X*^ 1482, fol. 249. — Cf. Copie dans Le Grand, Histoire de Louis A'J (ms) p. just. Bibl. nat, f. (c. 6965, fol. 209-211 .
' Alain de Coëtivy, frère de Présent de Coëtivy, amiral de France, et d'Olivier, sénéchal de Guyenne, devait comme eux sa faveur à l'amitié du connétable de Richemont. Il avait déjà occupé le siège épiscopalde Dol, puis celui de Carpentras, lorsqu'en i44o, à trentetrois ans, il devint évèquc d'Avignon. Cf. Gallia Christiana, t. L, col. 828.
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les deux avocats du Roi étaient absents^ que luimême n'en avait pas de son Conseil et que, seul, il ne pouvait rien ; en conséquence, il demandait qu'il fût sursis a afin que Ton pour\'eut de conseil et avocat pour le Roi ». Maître Jean Luilier répliqua : « vues les lettres, et la volonté de Charles Vil étant connue, il n'étoit point besoin ni de conseil, ni de délai », et, de rechef, il réclama Tentérinement des lettres ; alors Tévêque d'Avignon se leva et déclara que « le Roi Tavoit expressément chargé de signifier à la Cour » qu'elle eût à obtempérer à ses ordres, et il rappela que Monseigneur le Dauphin en avait dit sa volonté aux Présidents*.
Pour le coup, les conseillers comprirent qu'ils ne pouvaient résister plus longtemps; ils cédèrent donc, mais en protestant de violence, car il fut délibéré et appointé que a considéré le temps tel quil estj Tauctorité et voulenté du Roy, et aussi de mondit seigneur le Dauphin, estant présent en ceste vilU de Paris »y les lettres seraient entérinées ; mais, à la formule de Tenregistrement, un paragraphe fut ajouté, constatant que les lettres avaient été lues et publiées par a commandement exprès du Roi » transmis par Monseigneur le Dauphin aux Présidents du Parlement et répété à la Cour par Tévèquc d'Avignon.
L'audience terminée, Louis se fît montrer la vérification des lettres; à la vue du paragraphe
1 Arch. Nat. X»^ 148a, fol. 249.
LES I?îCIDEÎ^TS DU VOYAGE agi
additionnel, il entra dans une violente colère : ainsi, ces Messieurs obéissaient par grâce, et en rhonneur de sa joyeuse venue! il allait leur montrer quel cas il faisait de leur condescendance. Dès le lendemain, il fit mander les Présidents de la Cour et, dans une virulente sortie, il exhala sa rancune contre les Parlementaires toujours prêts à entreprendre contre les volontés du Roi * ; il avait vu la vérification des lettres « dont il n'étoit content », il exigeait que Ton rayât les mots « par exprès mandat » sur les lettres et sur les registres de la cour, et que la formule ordinaire subsistât seule : « lues et présentées à Paris en parlement, tel jour y) ; il déclara qu'il ne sortirait pas de la ville avant que sa volonté ne fut exécutée; il avait hâte pourtant de remplir la charge que son père lui avait baillée, charge qui le touchait grandement et tout le bien de ce royaume, et si, du fait du Parlement, son départ se trouvait ainsi aucunement retardé, le Roi en serait très mécontent et « il pourroit y avoir trop grand dommage irréparable » ^ ; voilà, en substance, ce qu'il commandait aux Présidents d'aller répéter à la
« Arch. Nat. X*^ 148:2, f^ 249.
2 Des bruits étranges circulaient, en efTet. On parlait d'une incursion des Anglais dans rilc-de-France. Le i3 juillet Jehan Boutry et Robin Tabourel a messagiers de piet 0 de la ville de Compiègne, partaient « hastivement la nuit », porter aux gouverneurs de Senlis, lettres closes des magistrats de Conipiègne : « contenant que les Anglais au nombre de IIII'*^ ou environ, comme on avait rapporté par aucuns passaus leur chemin, estoient devant Saint- Denis en France ou dedens. » Les gens de Senlis avaient répondu qu'il n'en cHait rien, mais que treize cents Anglais avaient passé
Cour, afin qu'elle réparât sa faute, quand il en était temps encore.
Lorsque les Conseillers eurent ouï, rapportées par leurs Présidents, les expressions du mécontentement de Monseigneur le Dauphin et ses volontés formelles, ils décidèrent que, considéré « le temps tel qu'il est, et les grandes diligences et importunités, qui se font en ceste partie », les lettres seraient expédiées suivant Tordre du Prince avec cette seule formule : ce Lu et publié à Paris, en Parlement, le 24® jour de juillet i443 »; mais, pour sauvegarder leur dignité, ils déclarèrent que sur les registres de la cour, les mots (( par exprès mandat » ne seraient rayés que si les gens de Charles d'Anjou en faisaient euxmêmes la demande. Ceux-ci requirent aussitôt TefFacement des dits mots ; le Parlement acquiesça et, sur la rayure, le greffier, en trois lieux, mit son seing manuel. La victoire de Louis ne fut cependant pas complète : il avait défendu que « registre à part » fût tenu des réserves de la Cour; or, sur ce point, il ne put obtenir satisfaction, car la Cour ordonna pour sa décharge (( de faire registre de tous les incidents de TafFaire pour valoir aussi en temps et lieu^ ». Mais les préparatifs de la campagne de Normandie réclamant tous ses soins, Louis ne pouvait s'arrêter
entre Pontoise et risle-Adam. Puis cette rumeur avait été reconnue fausse et l'on avait dit alors que les ennemis faisaient leur assemblée à Gisors et à Gournay. Arch. mun. de Compiègne, CC i6, fol. a, r**.
* Arch. Nat. X^^ 148a, f=> a49.
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plus longtemps ; il n'insista donc pas davantage, assez content, au fond, de son succès relatif dans cette première escarmouche avec Messieurs du Parlement \
Le samedi 27 juillet * le Dauphin arriva à Compiègne escorté d'un nombreux état-major auquel s'étaient joints de hauts magistrats parisiens tels que Messire Simon Charles, président de la Chambre des Comptes, Adam de Cambrai premier Président du Parlement, et le prévôt de Paris Ambroise de Loré ' ; sa suite s'était encore grossie
* C'est peu après cet incident que le Dauphin ayant accordé des lettres de rémission à un certain Jean de Tourelles « en vertu du pouvoir à lui donné, par vertu de l'authorité royale dont il use en cette partie », les adressait « aux gens tenant le Parlement du Roi à Paris « en imposant sur ce silence perpétuel au procureur royal. » Il est assez curieux de constater que Charles VII, moins brave que son fils contre les Parlementaires, ne ratifia les dites lettres qu en i447. Arch. IS'at. U. 57a, fol. aoa r® et \'^.
* Arch. mun. de Compiègne CC 16, f"* i3 r^. « A Waleran le Feron, pour une pièce de vin vermeil le tiers de ung tonnel, prins et achecte de lui, présenté avec une aultrc pièce de vin blanc prins a Jehan Chiermolin, le samedi XX VII" jour de juillet mil CCCCXLIII, a Monseigneur le Daulphin, qui ce dit jour arriva audit Compiègne ; et monta la dite pièce de vin... an prix de XX s. »
^ Ambroise de Loré, baron de Juillé, l'un des plus hardis capitaines de Charles VII, né en 1396, avait fait ses premières armes à la bataille d'Azinrourt, et lutté pour la cause légitime dans le Maine, 1417-14^7. puis on Normandie, i432 ; fait prisonnier par les Anglais en i433, il avait été échangé contre Talbot. En i436, il avait aidé à la prise de Paris et avait été nommé prévôt de cette ville en 1437. Commissaire spécial et général « re (Formateur sur les malfaiteurs dans toute l'étendue du royaume» i438, il avait rempli très exactement ses fonctions et donné encore de nouvelles preuves de sa bravoure au siège de Pontoise i44i- I^ était marié à Catherine de Marcilly, baronne d'Ivry. — Le Bourgeois de Paris, dans
des envoyés de quelques villes ou abbayes voisines venus pour le saluer * . A cette première étape, il trouva exacts au rendez-vous qu'il leur avait assigné quelques-uns des plus illustres seigneurs du Nord et de l'Est % hommes jeunes pour la plupart, désireux de gagner la faveur de Théritier de la Couronne et animés d'une belliqueuse ardeur, car ils se promettaient d'acquérir, dans cette campagne, gloire, honneurs et riche butin pour eux-mêmes, leurs vassaux et leurs gens. Les plus importants de ces personnages étaient le damoiseau de Commercy, Robert II de Sarrebrûck, — homme d'âge et d'expérience, celui-ci';
son Journal^ donne ties délails curieux sur ce prévôt (éd. Tue- Icy, p. 383)... « mains amant le bien commun que nul prevost qui devant luy eust été puis XL ans. Car il avoil une des femmes que on peust veoireu tout Paris la plus belle et honneste et fille de nobles gentilz gens de granl ancienneté et si esloit si luxurieux que on disoit pour vray qu'il avait III ou IV concubignes... et supportoit partout les femmes jolieuses dout trop avoit à Paris par sa lAcheté... »
* De ce nombre étaient labbé d'Ourcamps et les ambassadeurs de Noyon. Arch. mun. de Compiègne, CC 16. P* i3 >"**.
- Arch. mun. de Compiègne CC 16, f*^ i3 r<>, 14 r° et \^ . — Monstrelet, Chroniffue. . ., t. Yl, p. 77-78. — Jean Chartier, Chronique de Charles Vif, t. II, p. 39.
^ Robert de Sarrebrûck, damoiseau de Commercy, l'un des plus fameux aventiiriiTs du xv" siècle, fils d'Ame de Sarrebrùck, sire de Commercy et dv. Marie de Châteauvillaiu, dame de Louvois, succéda très jeune à sou j)ère, tué d'un coup de canon en 1414» au siège d'Arras, en combattant pour la cause des Armagnacs. Il se signala d'abord par ses démêlés avec Héné d'Anjou, roi de Sicile et duc de Bar, au sujet de la ville do Commercy de laquelle il faisait de fréquentes incursions dans la Lorraine et le Barrois : il fut même assiégé et pris dans sa forteresse, mais il signa en i434. puis en i436. des traités avantageux. Devenu chef de Routiers, il ravagea les frontières de Champagne et introduisit ses Ecorcheurs en Lorraine et jusque dans le pays messin (i438-i44i). Ayant vainement intercédé en faveur d'Alexandre bâtard de Bourbon, il fut contraint par Charles Vil, au traité de Vaucouleurs (a8 février 144 1), de faire hommage pour ses états et de payer une indemnité de aSooo florins.
LES INCIDENTS DU VOYAGE agï
les trois sires de Châtillon-sur-Marne\ tous trois d'une égale bravoure*; Tintrigant Louis de Luxembourg, comte de Saint-Pol ' qui aspirait à jouer auprès du Dauphin le rôle de confident ; il avait amené avec lui une grande compagnie de seigneurs, de chevaliers et d'écuyers des Marches du Beauvaisis, Santerre et Vermandois « tous gens bien uzagés de guerre * » au nombre de seize cents environ '. On resta à Compiègne le temps de grouper ces renforts* et de percevoir la contri-
Mais aussitôt que le Roi se fût éloigne, il recommença à enrôler les Ecorcheurs, et au printemps de i44^. il avait fait une nouvelle invasion en Lorraine et ravagé les environs de Verdun. — 11 était marié k Jeanne, comtesse de Roucy, fille de Jean VI de Roucy et d'Elisabeth de Montagu. Cf. le Père Anselme, Histoire Généalogique et chronologique..., t. VII, p. 535. — A. Tueley, les Ecorcheurs sous Charles Vlly t. I, p. 17, 64, Ho, 85.
* Chûtillon-sur-Mame, ch.-l. de cant., arr. de Reims, dép. de la Marne.
^ Ils appartenaient à la famille des Flavy établie depuis le juii^ siècle dans la Picardie, et ils étaient fils do Raoul et de Blanche de Nesle, et frères du célèbre GuiUaume de Flavy, capitaine de Charles VII, compagnon de Jeanne d'Arc, et gouverneur de Compiègne. Cf. P. Champion, Vie de Guillaume de Flavy (Paris, igoS, in-80).
^ Louis de Luxembourg, dit le connétable de Saint-Paul [ou Saint- Pol], fils aîné de Pierre de Luxembourg, comte de Brienne de Saint- Paul, châtelain de Lille, et de Marguerite de Baux, fiUe de François de Baux, duc d'Andrie et de Justine des Ursins, était né vers 1418 et avait succédé à son père en i43.3, sous la tutelle de son oncle Jean de Luxembourg, comte de Ligny. Depuis, il avait servi dans les armées de Charles VII contre les Anglais. En i435, il avait épousé Jeanne de Bar. comtesse de Marie et de Soissons, vicomtesse de Meaux, fille unique et héritière de Robert de Bar et de Jeanne de Béthunc. Cf. le Père Anselme, Histoire généalogique.,, y t. III, p. 726-727.
* Monstrelet, Chronique...^ t. VI, p. 78. — Santerre, pays de Picardie, dont Péronne était la ville principale.
• J. Chartier, Chronique de Charles Vlly t. II, p. 39.
• Arch. mun. de Compiègne CC i6| f^ i3 v<*, 14 r® et y^. — Les Comptes de la ville renferment quelques détails intéressants sur «les pots de vin » oflcrts aux personnages de la suite du Dauphin et aux seigneurs et capitaines pendant leur séjour, a C'est assavoir le
'Mj6 CAMPAGNES ET NEGOCIATIONS DU DAUPHIN
bution imposées à cette ville et à ses environs S puis on prit le chemin de la Normandie ; mais^ pendant que ses troupes se dirigeaient par la vallée de TAvre vers Gorbie et les villes de la Somme *^ Louis, accompagné de quelques capitaines s'enfonçait en Vermandois pour y faire de nouvelles recrues; il s'arrêtait dans les villes, il visitait les châtelains ; avec de bonnes paroles et de belles promesses, il persuadait les chevaliers hésitants : c'est ainsi qu'il s'assura le dévouement du sire de Moyencourt' et du capitaine de Chaul-
saoïcdi XXVII*' jour de juillet mil CCCCXLIII, deux polz de V los présentez a monseigneur de Gaucourt. Item, deux aultres pos de V los présentez a monseigneur de Commercy. Item, IIII los présentez au confesseur de Monseigneur le Daulphin. Item, le dimenche ensuivant, V los présentez audit Monseigneur de Commercy et V aultres los présentez audit Monseigneur de (iaucourt. Item, le lundi, IIII pos de X los présentez a Monseigneur l'evesque d'Avignon, et. à messire Simon Charles, II pos de V los. Item, a Tabbé d'Ourscamps et aultres ambassadeurs de Noyon deux pos V los. Item, ce jour au soupper, deux pos de V los et deux pclis pos de IIII los présentez a Monseigneur de Dunois, V los a Monseigneur d'Avignon et V los a messire Simon Charles. Item, le mardi an disner, a Monseigneur de Dunois et a Monseigneur d'Avignon IIII pos de VIII lotz. A Messire Simon Charles V lotz, a Monseigneur le prevost de Paris et a Monseigneur le président VII los. Item, a Monseigneur de Moy V los. Item, ce jour au soupper, a Monseigneur de Dunois V los, a messire Simon Charles V los, a Monseigneur d*Avignon III los, a Monseigneur d'Otreniont III los, a MaistreThiebautCharletsccrétaire III los, au Maistre d'ostel de Monseigneur de Dunois III los. Item. IIII los et demi a Monseigneur le président. Item, II*-* jour d'aoust (XICCCXLIII, présentez a Messire TheaudeV los; lesquelles parties fout ensemble les cent dix-neuf los et demi dessusdis, a VIII deniers le lot valent... LXXIX s. VIII d. p. o
* Il semble bien, en effet, qu'en dehors de la taille de i 5oo liv. t. fmposée par le Roi, le Dauphin ait établi un impôt de 4 sous parisis sur chaque queue de vin traitée et menée hors de son gouvernement, c'est-à-dire de la région dans laquelle il exerçait sa lieutenance. Arch. mun. deCompiègne, CC i6, fol. 47v^> ibid.,fol.48rOetv<*.
- Monstrelet, Chronique..., t. VI, p. 78.
^ Moyencourt, cant. de Iloye, arr. de Montdidier, dép. de la Somme.