‹ La jeunesse de Louis XI, 1423-1445Chapitre 25 sur 44 · LES INCIDENTS DU VOYAGE · texte numérisé non relu

LES INCIDENTS DU VOYAGE

nés *, Gauvain Quieret, qui, tous les deux^se signaleront par leur courage, au siège de Dieppe *. Le Dauphin rejoignit son armée àCorbie. Dans cette ville, il se trouvait sur les terres du duc de Bourgogne, car, par l'article XXIV du traité d'Arras, Charles VII avait cédé à Philippe-le-Bon toutes les villes et seigneuries de la Couronne situées sur les deux rives de la Somme : Saint-Quentin, Corbie, Amiens, Abbeville, avec tout le comté de Ponthieu ; ledit transport était fait à titre de fief apanage, mais avec faculté pour le Roi et ses héritiers, de racheter ces terres, quand il leur plairait, moyennant quatre cent mille écus d'or. Par l'article XXX du même traité, les habitants des dits pays étaient affranchis du devoir de prendre les armes à l'appel du Roi ou de ses officiers^; Louis savait donc qu'il ne pouvait rien exiger des gens des rives de la Somme, il n'ignorait pas non plus quel tiède allié contre les Anglais le duc de Bourgogne était pour Charles VII. Plus soucieux, en effet, de ses affaires de Flandre que delà lutte contre les Lancastres, Philippe n'encourageait guère les sentiments patriotiques dans ses nouveaux a États de Picardie » ; tout de même, Louis attendait beaucoup de ces anciens sujets

* Chaulnes, ou Chaulnes-Picardie, ch.-I . de cant. , arr. de Péronne, dëp. de la Somme.

* Monstrelet, Chronique..., l. VI, p. 78.

* Cosneau, Les Grands Traités de la Guerre de Cent Ans (dans la Coll. de textes pour servir à l'étude et à l^enseig. de l'Histoire) ^ p. 102-11S.

'AijS CAMPAGNES ET NÉGOCIATIONS DU DAUPHIN

restés fidèles à la couronne de France, car les Anglais menaçaient leur sécurité et gênaient leur commerce; la ville d'Amiens, du reste, n'avait-elle pas fourni des secours à Charles VII aux sièges de Montereau, de Creil et de Pontoise*, et pour empêcher les ennemis de passer la Somme, n'entretenait-elle pas la garnison de pionniers, d'archers et d'arbalétriers qui occupait le fort du pont de Longueau^? enfin, non seulement elle avait envoyé spontanément des vivres aux Dieppois, mais elle contribuait de ses deniers à la taille, mise par Charles VII sur les villes de son royaume, ce pour le secours etavitaiilement de la ville de Dieppe »', et maintenant, elle se préparait à recevoir dignement l'héritier de France.

Lorsqu'ils avaient appris par les lettres de leur délégué à Paris, Jehan le Bourgois, que Louis passerait par leur ville en se rendant à Dieppe*, le Maire et les échevins d'Amiens s'étaient réunis en conseil (29 juillet) et avaient décidé d'offrir au Dauphin « à sa première entrée et joyeuse venue» huit queues de vin et quatre bœufs*; ni dépenses, ni peines ne devaient être épargnées pour que le vin fut des meilleurs crus et que les

^ Cf. Daire (le Père), Histoire de la Ville d'Amiens, t. I, p. a33.

- Arch. miin. d'Amiens, CC 3i, f"^ 75. — Longueau, cant. et arr. d'Amiens, dép. de la Somme.

3 Ibid., fo i5 \^.

* Ibid., fo 71 r''.

^ Arch. mun. d'Amiens, (Délibérations de TEchevinage) BBS. fol. 184 v^

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