SCÈNE VIII
Les mêmes, LE DAUPHIN.'
// entre avec mystère, et prête l'oreille avec
inquiétude.
MARTE, vivement , ayant remarque le trouble de
Chatelard.
Qu'avez-vous?
CHATELARD.
Que Votre Majesté pardonne à mon trouble , et qu'elle daigne m'écouter encore ! Le prince ne peut vivre sans vous... son bonheur, sa destinée , sont entre vos mains... il aime!... comme on peut vous aimer... votre refus le réduirait au désespoir... et n'auriez-vous pas à craindre aussi la haine de Catherine?... les suites pour l'Ecosse d'une rupture avec la France? Que Votre Majesté écoute ma prière !... qu'elle rende un iils à son père... un prince à la patrie... et si quelque regret entrait un jour dans l'ame de Marie... elle se consolerait en entendant dire autour d'elle : « Du moins , elle a a rempli les devoirs d'une reine. »
LE DAUPHIN , à part.
Ah! j'avais tort de le soupçonner!... Gauricci m'a trompé.
MARIE
C'est bien, sire Chatelard.... nous admirons le zèle avec lequel vous plaidez la cause de celui qui vous envoie... mais nous ne pouvons vous faire connaître notre décision : ce n'est pas à vous que nous devons une réponse.... D'ailleurs, elle ne serait pas favorable.... (Mouvement du dauphin.) En ce moment, moins que jamais , je me sens disposée à me soumettre aux ca-
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priées, à la politique de la reine de France.... Elle persiste à ne voir en moi qu'un enfant élevé à sa cour... Mais je suis reine aussi... je sens toute ma dignité... et si monsieur le dauphin exige une réponse , il viendra nous la demander lui-même.
CHATELARD.
Ah ! je le vois, Madame, le plus grand tort du prince est de m' avoir envoyé auprès de vous.
marie.
Oui , car vos discours me font mal... Ne dites plus rien... éloignez-vous.
CHATELARD.
Elle ne l'aime pas... j'en suis sûr maintenant.
Il s'incline et sort.