‹ La jeunesse de Marie StuartChapitre 42 sur 51 · SCÈNE XL · texte numérisé non relu

SCÈNE XL

LE COMTE, MARIE et sa suite.

Marie, en entrant, va se placer sur l'estrade à gauche; deux de ses femmes sont à la droite et à la gauche de l'estrade t ses officiers sont dans le fond.

LE COMTE , à part.

Que vois-je! c'est là cette jeune reine d'Ecosse !...

Quelle éclatante beauté! Je comprends maintenant la

haine d'Elisabeth.

MARIE

Approchez, Milord.... j'augure favorablement du motif qui vous amène à Calais , par le choix qu'a fait de vous notre sœur d'Angleterre.

LE COMTE

J'ai plus encore le droit de m'en féliciter, en voyant Votre Majesté... Jamais tant de beauté n'avait frappé ' mes regards. Si tous les sujets d'Elisabeth connais- ' saient celle qui aurait pu les gouverner, elle courrait risque de voir diminuer le nombre de ses plutf dévoués serviteurs.

MARIE

De grâce, comte d'Essex, cessez ce langage... Depuis la mort de mon époux , je suis peu habituée à entendre des flatteurs. Pensez plutôt aux intérêts de celle qui

vous envoie.... Veuillez prendre place, et nous faire connaître le motif de votre mission.... Nous sommes prête à vous écouter.

Elle s'assied, et fait signe au comte de s'asseoir sur

le siège qu'un officier a placé derrière lui.

LE COMTE

La reine, ma souveraine, n'a d'autre but aujourd'hui que de pacifier vos deux nations.... Ce sont vos intérêts plus que les siens qu'elle a consultés en me députant vers vous.*, Elle vous offre l'entrée libre de ses ports j le secours de ses armées contre l'insurrection des puritains d'Ecosse. Un vaisseau d'honneur vous attend dans la rade de Calais.... Consentez à me suivre , à paraître à sa cour... Le palais de White-Hall sera votre demeure et la sienne.... et l'Europe entière applaudira à cette alliance de deux reines puissantes. Four tant de concessions, la seule qu'elle vous impose, c'est d'accepter le traité d'Edimbourg.... de renoncer pour le moment à vos droits à la couronne d'Angleterre, dont elle vous assure la possession après elle comme à son héritière légitime.

MARIE

Notre sœur ne m'avait pas encore montré tant de générosité.... Elle croit à mon ambition ; c'est peu me connaître... Reine au berceau, je n'ai appris qu'à redouter la puissance... Rassurez la fille de Henri VIII, Milord, et dites-lui que, loin' dé prétendre aune double couronne, Marie, au contraire, voudrait pouvoir lui céder tous ses droits à la royauté.... La paix est mon plus cher désir, et je ferai tout pour l'assurer. Je veux bien croire à la bonne foi d'Elisabeth.... mais le souvenir de sa conduite envers la régente ma mère m'empêchera de consentir jamais à me rendre dans ses états.

Archives de la Vife- de Bruxelles ArchiefvandeStadBrussel ,

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