CHAPITRE PREMIER
il est une version plus naturelle, et justement accréditée. Quand s'éleva la grande affaire de la succession du duché de Mantoue, la cour pontificale s'efforça de conjurer le sanglant orage qui se préparait, et pour la représenter en Lombardie, elle fit choix de l'homme qui connaissait le mieux les intérêts et les dispositions des diverses puissances de la haute Italie, où il avait déjà rempli une fonction à peu près semblable. Cet homme n'était pas le cardinal Ginetti, mais Jean-François Sacchetti. L'ancien commissaire apostolique dans la Valteline fut donc nommé nonce extraordinaire à Milan, et il demanda qu'on lui donnât pour secrétaire celui dont il connaissait les talents, son jeune ami le docteur en droit et capitaine Mazarin. Voilà comment, selon tous les historiens1, Mazarin entra, en 1628, à vingtsix ans, dans la carrière pour laquelle il était né, et où il s'est fait un nom immortel.
1 Voyez surtout Benedetti, p. 17.