‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 270 sur 282 · CHAPITRE NEUVIÈME. M · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME. M

Arrêtons-nous ici , sur cette délivrance de Casai qui couronne avec éclat la jeunesse de Mazarin et l'introduit sur la scène de l'histoire. Dès ce moment, il grandit sans cesse. Il achève d'abord son propre ouvrage : à force d'adresse et de courage, il contraint pour ainsi dire deux puissantes armées, en présence l'une de l'autre pendant deux mois, à tenir l'engagement qu'il leur a fait accepter le 26 octobre, en sorte qu'à la fin du mois de décembre tous les étrangers sont hors du Montferrat, et l'Italie respire. Lorsqu'au début de 1631, les diverses puissances intéressées convoquent un congrès à Cherasco pour cimenter une paix durable, Mazarin paraît à ce congrès, toujours, il est vrai, à côté et au-dessous du nonce Pencirole, mais avec le titre public et reconnu de ministre du Saint-Siège, assistant aux conférences et signant au protocole. Envoyé deux fois à Paris, comme il l'avait tant désiré, il gagne de plus en plus les bonnes grâces de Louis XIII et la confiance de Richelieu, pour ne jamais les

ministre, aura probablement l'ait graver comme un monument de Faction de sa jeunesse qui commença à illustrer son nom. Sur la face de cette médaille, Mazarin est représenté, jeune encore, mais déjà cardinal : Julius Cardinalis Mamrinus. Sur le revers, Casai dans le fond avec ses fortifications ; des deux côtés, les deux armées; et, au milieu, Mazarin à cheval, en habit militaire, et agitant son chapeau. En haut, cefte légende '.Infestas acies ww/w dirimU.En bas : Cawli 1630. D. F. (Dupré fecit.)

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perdre, et il jette les secrets fondements de l'alliance du Piémont et de la France que découvre bientôt aux yeux de l'Europe le mémorable traité de Turin, du 5 juillet 1632, par lequel Pignerol nous est définitivement assuré, et l'indépendance italienne remise à la garde de notre épée ; en attendant qu'un autre traité meilleur encore fasse marcher ensemble sur le chemin de Milan deux armées française et piémontaise tour à tour commandées par Créqui, par la Valette et par Vietor- Amédée lui-même. Cependant, Mazarin avait pris son parti : cédant, non sans murmure, à la nécessité, il a quitté l'habit militaire et il est entré dans l'Église, sans avoir jamais été prêtre. Aussi, quand il revient à Rome, après cinq années d'absence, sur la fin de l'année 1632, il est déjà pourvu de deux canon icats à Saint-Jean de Latran et à Sainte-Marie-Majeure. Ce n'est plus le jeune homme obscur que nous avons essayé de peindre, pauvre, cherchant sa route, brûlant de se faire connaître par des services de toute sorte ; c'est un diplomate célèbre, estimé des premiers hommes d'État de l'Italie et de l'Europe. Il a passé la saison des plaisirs et le printemps delà vie; il est dans l'âge delà virile ambition et des grandes affaires ; il a trente ans accomplis. Une carrière immense est devant lui. Peut-être l'y suivronsnous; peut-être un jour nous le ferons voir fra«*

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