CHAPITRE NEUVIÈME
Quelles étaient ces communications qui demandaient la présence de Mazarin à Paris? Sans chercher à percer ce mystère cl sans devancer l'avenir, disons seulement que le 28 octobre commença, à travers mille difficultés, l'exécution du traité du 26. Les Espagnols n'avaient pas tardé à s'apercevoir que ce traité ne les couvrait pas de gloire, et qu'il était tout à l'honneur des Français et de Schomberg qui, par leur seule attitude, avaient gagné la campagne sans coup férir. Le duc de Lerme ne se cachait pas pour dire que le marquis de Sainte-Croix s'était laissé mener par le ministre du Pape1, et don Martin d'Aragon e tint à Mazarin un si blessant langage que celui-ci fut obligé de lui donner un démenti en portant la main à son épée. Il fallut que le duc de Lerme lui-même. Piccolomini et d'autres officiers s'entremissent pour apaiser la querelle, et don Martin dut faire une réparation convenable au belliqueux représentant du Saint-Siège*.
mente son tenuto a riconfirmarle che il duca di Savoia è stato e vuol essere gran amico dell' Eminenza Yostra e servitore del Re, e quando si rappresentino li successi sinceramente, per essi lo conoscerà l'Eminenza Vostra, la quale permeltendomelo sarebbe nvvisata di cose di molta considérations se mi trasferirei a riverirla, et a Vostra Eminenza faccio humilissima riverenza, etc., Ponzino, 28 ottobre, 1650. »
4 Benedetti, p 56 : «... Lasciarsi il Marchese Santa Croce menar per il naso dal ministro pontificio... »
9 Benedetti, t6tri.,Brusoni, p. 165. Mazarin, dans sa dépêche à
On se peut imaginer avec quel enthousiasme fut reçue à Rome la nouvelle de ce triomphe remporté sur toutes les passions ennemies de l'indépendance et de la paix de l'Italie. On applaudit à la conduite de Mazarin comme à un chef-d'œuvre d'habileté et de constance. Urbain VIII fit frapper des médailles pour conserver le souvenir d'une si belle action. On assure même que, voulant s'approprier en quelque sorte la gloire de son ministre, dans la salle du Quirinal, où étaient peints les principaux événements de son pontificat, il plaça un grand tableau qui représentait les trois armées française, espagnole et impériale prêtes à en venir aux mains, et, au milieu d'elles, le ministre du Saint-Siège, à cheval, proclamant la paix. Le Pape se complaisait à montrer ce tableau et à en faire lui-même les honneurs1.
Barberini du 5 novembre» parle bien de la mauvaise humeur el des aigres paroles des officiers espagnols, mais sans rien dire de la querelle particulière que racontent Benedetti et Brusoni, et qui ne peut être mise en doute, car le grave Pancirole l'atteste. Lettre déjà citée de Pencirole au cardinal Barberini, du 50 octobre : «... Non mancô un lai don Martino, fomenlatore che si butasse a terra la citadella, di parlar in una forma col signor Mazzarino «lie fù forzato a dargli una mentila e metter mano alla spada, sebene le cose si quietavano con molta riputatione di lui... •
1 Benedetti, Brusoni et Âubery. Avertissons que ce tableau n'est plus au Quirinal, s'il y a jamais été. Nous avons aussi fait rechercher en vain à Rome une des médailles que Ton dit avoir été frappées alors en l'honneur de Mazarin. Mais à Paris, au cabinet impérial, il s'en Ironve une que Mazarin, devenu premier