‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 277 sur 282 · CHAPITRE SIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIEME

10 JANVIER — 1er AVRIL 16S0

Mazarin, en s'en revenant par Chambéry, dissuade le prince Victor- Amédée de s'opposer à l'entrée des Français. — A Turin, il communique au duc de Savoie les conditions de paix proposées par Richelieu.

Le duc les accepte, mais en laissant trop paraître sa haine contre Richelieu et contre la France. — Mazarin à Pavie ; il confère avec Spinola et avec Collalto. Contre-propositions des deux plénipotentiaires espagnol et autrichien. Mazarin se défend de les porter à Richelieu. — Il acquiert à Pavie la connaissance des artifices du duc de Savoie, et prédit quelle sera sa conduite. — Mazarin accompagne Spmola et Collalto à Alexandrie, et va trouver le cardinal-légat à Bologne : le 14 février il adresse à Rome neuf dépèches où il rend au cardinal secrétaire d'État un compte détaillé de toutes ses négociations. — Be Bologne il retourne à Alexandrie, et, le 20 février, écrit à Richelieu une lettre vague et embarrassée où il l'informe de l'état des affaires, en tâchant d'entretenir en lui l'espérance de la paix. — Préparatifs militaires du cardinal pendant le mois de février en Dauphiné. — Le nonce Pencirole vient à Embrun, le 19 février, lui faire connaître le résultat de la conférence tenue à Pavie entre Spinola, Collalto et Mazarin. Richelieu lui remet un nouveau projet de traité sur lequel s'établit à Alexandrie, le 27 février, une nouvelle conférence, composée des deux plénipotentiaires espagnol et autrichien, de l'abbé Scaglia pour le duc de Savoie, et de Pencirole et Mazarin pour le Saiut-Siége. Les propositions de la France ne sont point acceptées. — Au moment où Richelieu est près d'entrer en Savoie, le duc Charles-Emmanuel lui fait proposer, le 25 février, à Oulx, un traité où il s'engagerait à se joindre à la France contre l'Espagne et l'Empire et à envahir avec elle le Milanais; et en même temps, le 21 février, il remercie l'Empereur d'envoyer une armée autrichienne en Alsace, et le prie de venir à son secours contre la France. — Richelieu passe les Alpes et arrive à Suse dans les premiers jours de mars. Nouvelles intrigues du duc de Savoie. — Le duc suspect à la fois à Spinola et à Richelieu? — Celui-ci s'avance en Piémont jusqu'à Casalette. Le duc de Savoie médite d'envelopper les Français entre les deux armées espagnole et impériale qui les attaqueraient de front, et ses propres troupes qui leur couperaient la retraite. Pour éviter ce péril et regagner le duc de Savoie, Richelieu se résigne au traité qui lui avait été proposé à Oulx, en y mettant des conditions que Charles-Emmanuel accepte , mais sans les exécuter. — Le cardinal légat envoie le nonce Pencirole et Mazarin auprès de Richelieu à Casalette. Entrevue du 17 mars. A la contenance et au ton de Richelieu, Mazarin devine qu'il a pris quelque grande résolution. — Présomption du duc de Savoie et de Victor- Amédée. Mazarin découvre leur dessein. — Richelieu concentre ses troupes, et, le 19 mars, à la pointe du jour, part de Casalette, traverse la Boire, s'empare de Rivoli; et, tandis que le duc de Savoie l'attend sur la route de Turin, il se dirige à marthes forcées sûr Pignerol, s'en rend* maître le 50 mars, et s'établit dans toute la province \ 228

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