‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 278 sur 282 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

itr AVBII. — S JUILLET 1050

Emportement du due de Savoie en apprenant la prise de Pignerol ; sa lettre à l'Empereur; Spinola et Gollalto entrent en Piémont, s'unissent à Charles-Emmanuel, et s'avancent avec lui à Carmagnole et à Pancalieri, sur les bords du Pô, en face de l'armée française. — Le cardinal-légat, accompagné du nonce Pencirole et de Mazarin, se rend auprès de Richelieu et renouvelle ses efforts en faveur de la paix. Négociations de Pignerol pendant le mois d'avril. Le père Joseph et le père Yalérien. Propositions de Mazarin. Richelieu renvoie la décision au roi de France. — Mazarin député vers le roi par la légation pontificale. Il a, le 17 mai, une entrevue avec Richelieu à Grenoble. Il est présenté à Louis XIII, à Chambéry, par le cardinal Bagni, nonce apostolique en France. Il plaît au roi, et gagne de plus en plus la confiance de Richelieu. — Projet de traité que Richelieu le charge d'aller proposer au duc de Savoie, à Spinola et à Colla lto. Mazarin prévoit bien vite la difficulté de leur faire agréer un pareil traité. — Il arrive à Turin le 1" juin. Dispositions dans lesquelles il trouve le duc de Savoie : Charles-Emmanuel décidé à la guerre et en correspondance avec Walstein, généralissime de l'Empire, qui lui promet de prompts secours. Énergie et duplicité de la maison de Savoie. Chrestienne de France plus que jamais opprimée. — Indignation de Charles-Emmanuel lorsque Mazarin lui communique les articles du projet de traité relatifs au Piémont, et la clause de démolir toutes les fortifications, nouvelles et même anciennes, de Suse et de Pignerol, sans qu'elles puissent être rétablies. Le due déclare qu'ayant remisses intérêts entre les mains de ses deux alliés, l'Empire et l'Espagne, il s'en rapporte à la résolution que prendront Spinola et Collalto. — Mazarin auprès de Spinola. Le général espagnol le retient pendant six jours. Il repousse absolument l'article du traité qui autorisait le duc de Mantoue à recruter ses troupes en tous pays, ce qui lui permettait de prendre à sa solde des Français. 11 refuse de donner une réponse définitive avant de connaître l'avis de Collalto. — État du siège de Casai tel que l'a vu Mazarin pendant son séjour au camp de Spinola. Son admiration pour Toiras; sa vive sympathie pour la valeur française. Goûts militaires de Mazarin. — Le 9 juin il se rend à Marignan, où résidait Collalto. Le général autrichien, malade, traîne l'affaire en longueur, en sorte que Mazarin a tout le temps de bien reconnaître ce qui se passe dans le Mantouan. Lâcheté et défaite des troupes vénitiennes à Goïto; valeur inutile des Français. Grandes craintes de Mazarin pour Mantoue. — Le 14 juin, il écrit au cardinal Bagni pour s'excuser de ne pas revenir aussi vite qu il l'avait promis; en même temps il l'avertit du péril que

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courent Casai et Mantoue, — La réponse définitive de Collalto est qu'il a besoin de conférer avec Spinola et le duc de Savoie. Il ne cache point à Mazarin que jamais il ne conseillera de consentir à la garantie réclamée par la France, une ligue des princes Italiens en faveur de Charles de Gonzague, cette condition-là étant injurieuse à la dignité de l'Empereur. — Mazarin recueille au camp impérial d'utiles renseignements sur les secours envoyés à Charles -Emmanuel, sur l'objet et sur le succès du voyage de l'abbé Scaglia en Espagne. On croit généralement Louis XIII très-peu disposé à passer de nouveau les Alpes pour aller délivrer Casai, et cette opinion «enhardit l'ennemi. Mazarin la combat de toutes ses forces. — Il revient trouver Spinola. Le siège n'avance guère ; Casai peut tenir pendant tout juillet et une bonne partie d'août. — Mazarin de retour en Piémont. Le duc de Savoie persiste dans sa première réponse : il s'en remet toujours à ce que décideront ensemble Spinola et Collalto. Le Piémont ravagé par les Allemands et par la peste. Charles-Emmanuel invite Mazarin à l'accompagner dans ses premières opérations militaires autour de Pignerol. — Mazarin rentre en Savoie après un mois de courses et de peines inutiles; et le 5 juillet il se rend à Sainfr-Jean-de-Maurienne, auprès de Richelieu * 303

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