‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 280 sur 282 · AOUT — NOVEMBRE · texte numérisé non relu

AOUT — NOVEMBRE

Le 4 août, Mazarin part de Saint-Jean-de-Maurienne et va retrouver le duc de Savoie sur les bords du Pô : dangers qu'il court ; il arrive le 6 août au camp piémontais, comme pour assister au combat du pont de Carignan et au nouvel avantage remporté par les Français. — Il s'applique et réussit à gagner de plus en plus à la paix Victor- Amédée. Celui-ci fait part à la cour de Vienne de sa situation et de son intention de traiter avec la France. L'Empereur y consent, et Collalto adhère à la suspension d'armes qui doit servir de préliminaire àx la paix. — Mazarin se rend au camp de Spinola sous Casai. Le général espagnol ne s'en tient point à ses anciennes propositions, et il en fait de nouvelles : il veut que préalablement on lui remette en dépôt la ville de Casai, tandis que les Français garderont la citadelle; puis Mazarin lui rappelant sa promesse de faire la paix et le pressant de la signer, Spinola s'y refuse avant d'avoir pris de nouveau les ordres du roi d'Espagne ; enfin il avoue que le roi lui a ôté ses pleins pouvoirs, qu'il n'a plus d'autre droit que celui de conclure une suspension d'armes, et il persiste dans les nouvelles conditions qu'il y met. Énergiques mais inutiles représentations de Mazarin. — De retour le 18 août auprès du duc de Savoie, il ne se décourage pas ; il entreprend d'obtenir le consentement des Français aux dernières propositions de Spinola, qu'il tâche de leur faire considérer comme plus fâcheuses en apparence qu'en réalité, et n'étant pas contraires à leur intérêt véritable. — Richelieu, forcé par les progrès de la peste de quitter Saint-Jeande-Maurienne, s'en retourne à Lyon, auprès du roi malade, faire face aux intrigues qui se tramaient contre lui, et il envoie à sa place en Italie le maréchal de Schomberg avec des pouvoirs diplomatiques et militaires très-étendus. Heureuses négociations de Mazarin. Le 4 septembre est signée par les généraux français une suspension d'armes, prolongée jusqu'au 15 octobre, et aux conditions exigées par Spinola, à savoir que les Français remettraient immédiatement aux Espagnols la ville de Casai, et, le dernier jour d'octobre, la citadelle, si elle n'était pas secourue; mais que, si elle l'était dans le délai voulu, les Espagnols rendraient aux Français la ville elle-même. — Mazarin va faire signer la trêve par le duc de Savoie, par Collalto et par le général espagnol, marquis de Sainte-Croix, qui remplaçait provisoirement Spinola tombé malade. Il fait visite à Spinola, le console et le ranime un moment. Toiras va aussi rendre hommage à son illustre adversaire. Spinola donne définitivement sa démission, quitte l'armée et se retire à Castcl Nuovo di Scrjvia. Il y meurt le 25 septembre. — Montraorenci et d'Effiat rentrent en France, et le commandement de l'armée fran-

çaise passe entre les mains de Schomberg. Son caractère. Sa résolution d'obtenir pendant la trêve une paix honorable et avantageuse, ou, la trêve expirée, de marcher au secours de Casai. — Traité de paix négocié à Ratisbonne entre la France et l'Autriche. Raisons qui portèrent les deux ambassadeurs français, M. de Léon et le père Joseph, à accepter ce traité ; raisons qui plus tard déterminèrent Richelieu à ne le point ratifier et à désavouer ses ambassadeurs. Vains efforts de Mazarin pour devancer le congrès de Ratisbonne et faire la paix en Italie. — Vers la fin de septembre, Collalto reçoit la première nouvelle du traité de Ratisbonne et de l'article par lequel la France s'engageait à ne jamais s'unir aux ennemis de l'Empire : il demande que cet article soit inséré dans le traité particulier qui se négociait aussi en Italie. Mazarin est chargé le 29 septembre d'aller présenter cette proposition à Schomberg. Celui-ci la rejette, et déclare que, si le 15 octobre la paix n'est pas faite, il reprendra les armes et poursuivra l'exécution du traité d'armistice du 4 septembre. — Embarras du duc de Savoie : il essaye de rester neutre ; il demande une prolongation de l'armistice. Le maréchal refuse tout délai ; il passe la revue de ses troupes le 15 octobre à Scarnaiix, et le 17 il se met en mouvement. — Marche de l'armée française. Le 20 octobre, nouvelle officielle du traité de Ratisbonne signé le 13. Schomberg resté sans instructions. Grande résolution qu'il prend, contre l'avis de ses collègues et sur sa responsabilité. Il allègue que le traité de Ratisbonne admet et laisse subsister l'armistice du 4 septembre, et en vertu de cet armistice, il continue de marcher au secours de la citadelle de Casai pour obtenir la sortie des Espagnols de la ville. — Mazarin imagine un compromis qui fait droit aux justes prétentions de la France en ménageant l'honneur de l'Espagne et de l'Autriche. Le duc de Savoie, le marquis de Sainte-Croix, Collalto, consentent successivement à cet arrangement, et Schomberg ne croit pas devoir s'y refuser. — Le 26 octobre, les armées étant en présence dans la plaine de Casai, soudaine apparition de Mazarin sur le champ de bataille, proclamant la paix qu'il vient de conclure; et le combat presque commencé est prévenu. Le lendemain, 27 octobre, le traité improvisé la veille est signé ; la citadelle et la ville de Casai sont rendues au duc de Mantoue ; peu à peu le Montferrat est évacué par tous les étrangers, et l'Italie sauvée de la guerre qui la menaçait. Immense honneur que cette action fait à Mazarin : elle couronne avec éclat les succès de sa jeunesse, et l'introduit sur la scène de l'histoire 48T*

l'Alili. — IUI\ SIMON HAÇON KT CO^I'., lîl,K ll'hltt'lUTH, Jj

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