‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 279 sur 282 · JUILLET — 4 AOUT 1C · texte numérisé non relu

JUILLET — 4 AOUT 1C

Après la conquête de la Savoie, l'ardeur militaire de Louis XIII s'affaiblit. Caractère de ce monarque. Intrigues qui se forment à Lyon contre Richelieu. — Mazarin à Saint-Jean-de-Maurienne, le 3 juillet. Richelieu lui montre d'abord de grandes défiances. Mazarin prouve au cardinal qu'il est impossible de faire agréer le projet de traité dont il l'avait chargé, et qu'il est nécessaire d'y faire des changements considérables. Il finit par le persuader, et, le 6 juillet, il retourne en Italie avec des propositions nouvelles. — Il trouve le duc de Savoie disposé à les accepter, mais Spinola déclare qu'il ne peut traiter sans avoir l'avis du plénipotentiaire autrichien, et il renvoie Mazarin à Collalto, qui avait quitté Marignan et résidait à Como. Douleur et embarras de Mazarin. 11 a une vive explication avec le général espagnol. Il écrit en Savoie au cardinal Bagni pour l'avertir de ce relard inattendu : il assure qu'il n'y a rien à craindre du côté de Casai, mais il annonce que Mantoue est dans le plus imminent danger. Le 12 juillet, il se rend auprès de Collalto.— Richelieu, en Savoie, rassemble une nouvelle armée destinée à renforcer celle d'Italie. Sages instructions du cardinal. Montmorenci et d'Effiat passent le mont Cenis pour aller rejoindre le maréchal de la Force. Le duc de Savoie entreprend de s'opposer à cette jonction. Monlmorenci fait prévaloir l'avis de

prendre un chemin de traverse, qui de Saint-Anibroise conduisait, par d'étroits défilés et en passant devant la forteresse de Veillane où se tenait l'armée ennemie, jusqu'au camp du maréchal de la Force, à Chiavenne. — Bataille de Veillane, le 10 juillet. Extrême danger de l'armée française; valeur de Montmorenci; charge vigoureuse faite à propos par d'Efûat, qui décide la victoire. Effet moral de cette victoire. Jonction des troupes victorieuses avec celles du maréchal de la Force. Occupation de Saluées par les Français, le 20 juillet. — Le 18, Mantoue avait été prise par les deux lieutenant* de Gollalto, Aldoinger et Galas. — Mazarin apprend ces divers événements à Gomo. Gollalto plus que jamais contraire à la paix : il persiste à vouloir une conférence avec Spinola et le duc de Savoie pour examiner ensemble les propositions de la France. Mazarin de retour auprès de Spinola. Celui-ci veut avant tout être maître de Casai; il propose l'arrangement suivant: d'abord une suspension d'armes de vingt jours, pendant laquelle on traiterait de la paix ; si on n'y réussissait pas, la guerre recommencerait, et si, au bout de vingt autres jours, les Français n'avaient pu délivrer Casai, Toiras serait tenu de la remettre au général espagnol. — Mazarin va porter cette proposition au duc de Savoie : il le trouve à l'agonie. Mort de Charles-Emmanuel, à Saviglian, le 26 juillet. Dans quel péril ce prince laissait son pays et sa maison. Mazarin engage son successeur Victor-Amédée à se réconcilier peu à peu avec la France et à ne pas faire obstacle à l'arrangement proposé par Spinola. — Il se rend auprès de Richelieu. Situation de plus en plus difficile du cardinal, au dehors et au dedans. En Italie, mésintelligence de Montmorenci et de d'Effiat ; ravages toujours croissants de la peste ; déplorable état de l'armée française. En France, redoublement des intrigues des factieux. Louis XIII tombe malade et retourne à Lyon auprès de sa femme et de sa mère. Richelieu reste seul dans les Alpes, au milieu de l'épidémie. — Arrivée de Mazarin à Saint-Jean-de-Maurienne, le 2 août; les anciennes défiances du cardinal renouvelées et augmentées. — Début orageux de l'entrevue. — Ce début fait place à une sérieuse discussion où Mazarin démontre au cardinal qu'il n'a rien de mieux à faire que d'accepter la proposition de Spinola. Richelieu s'y résigne à regret, en exigeant de Mazarin trois pièces écrites et signées de sa main, qui puissent le justifier auprès du roi. — Mazarin quitte Saint-Jean-de-Maurienne le 4 août, et retourne en Italie, après avoir obtenu de Richelieu, depuis leur première entrevue du 29 janvier à Lyon jusqu'à celle-ci, des concessions de plus en plus considérables, couronnées par ce dernier triomphe. Il venait d'accomplir sa vingt-huitième année 589

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