CHAPITRE DEUXIÈME
Richelieu Pavait ramenée du haut des Alpes jusque dans les plaines du Languedoc : en trois ou quatre mois il avait battu le duc de Rohan, pris successivement Privas, Castres, Nîmes, Montauban, et glorieusement achevé cette grande œuvre de la soumission et de l'entière pacification du parti protestant pour laquelle Luynes n'avait pu que donner sa vie l.
Le jeune secrétaire de Jean-François Sacchetti avait vu tous ces prodiges de talent, de courage, d'habileté s'accomplir en moins d'une année. Militaire et diplomate, il avait saisi tous les ressorts de ces grands événements. Il avait sans doute admiré la puissance de la France ; mais il avait aisément reconnu que cette puissance lui venait principa- j
lement du patriotisme intelligent de Louis XIII, surtout du génie et du caractère de Richelieu. Il avait pu se convaincre qu'il y avait en France un politique tel qu'il n'en avait encore rencontré que dans ses lectures ou dans ses rêves, un homme qui avait des desseins, et qui était capable de les accomplir. Mazarin avait dû se dire qu'on serait heureux d'être au service de cet homme -là.
divertissements militaires que Louis XIII donna à sa sœur, la princesse de Piémont, pendant son séjour à Suse, depuis le milieu de mars jusqu'à la lui d'avril.
1 Richelieu entra dans Mon tauban le 20 août 1629. Voyez redit
de pacification, Mercure françois, 1629, p. 505.