CHAPITRE TROISIÈME
d'Autriche étaient décidées à engager toutes leurs forces dans le commun dessein de dominer en Italie et de n'y souffrir aucune influence rivale1. Gonzalès lui-même avait, peu à peu, changé de ton : non-seulement il accusait à tout propos les Vénitiens, mais il reprochait au Pape de s'allier à Venise, et demandait à Mazarin des explications sur les armements que se permettait le gouvernement pontifical8. Il disait très-haut que le roi de France y regarderait à deux fois avant de se jeter dans les affaires d'Italie, et qu'il songerait au sort de François 1er. « Le monde entier, dit Mazarin, n'est rien à GonzalèSv devant la puissance autrichienne. » On n'aurait pas dû conclure le traité de Suse sans l'Empereur, nulle ^ ({ transaction où le duché de Mantoue est intéressé ne se pouvant faire sans sa participation. Le traité, d'ailleurs, fait une trop belle part à la France et une trop mauvaise à l'Espagne. Enfin, reprenant sérieusement un propos qui lui était échappé dans un mouvement de colère, Gonzalès déclare à Mazarin. que si le roi de France persiste à défendre
1 Bibliothèque Barberine, etc. Dépêche du 2 août : a Dalmodo di parlare che fa il signor don Gonzalo e tutti quei ministri ben chiaramente si vede che le novità successe nel paese de' Grisoni e li continui avanzamenti de' Tedeschi sono seguiti e seguono di concerto con il Re cattolico, che mostrandosi tulto intento alla pace procura con ogni effîcacia che l'Imperatore spignesse génie a questa volta. i»
8 Jbid. Dépêches du 1er et du U juillet.