Madame Branchu
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fille! Je te conjure d'être heureuse el de me faire de la santé par la tienne. Je sors d'un accès de fièvre comme tu les connais quand mon cœur a été tordu. Ce soir, je suis bien, toute seule avec toi ; un grand calme a repris tout mon être et je suis très heureuse, quoique tu sois à Londres et, peut-être, parce que tu es à Londres; car on te cultive, ma bien aimée fleur, mieux que ne pourrait le faire mon grand amour. Tu n'en connaîtras pas, du moins, de plus absolu en résignation quand il se persuade qu'un sacrifice est pour ton bien : ton bien ne serait pas trop payé de mon sang. Ce n'est donc pas en mon nom que je supplie Pela 1 de veiller à ce que tu ne restes que jusqu'à ce que la saison ne soit pas mauvaise sur tes nerfs.
J'exige qu'elle t'aime plus que moi, d'abord parce que tu le mérites, et parce qu'ainsi le bien qu'elle te fera retombera bien plus directement sur moi-même.
M. Sainte-Beuve a ta lettre et m'en a bien récompensée par des poésies et le soin religieux qu'il va prendre d'émonder un volume pour M. Charpentier 1 . Nous aurons ainsi un
1. Péla, diminutif familier de Paméla. C'était madame Paméla Lefèvre, la fille de madame Branchu.