‹ La jeunesse de Napoléon (volume 2)Chapitre 143 sur 188 · CLXXX. Masson d’Autume · texte numérisé non relu

CLXXX. Masson d’Autume

Jacques-Philippe-François Masson, chevalier d’Autume — qui signe Philippe d’Autume, — était fils de Jean Léger, marquis de Masson, seigneur d’Autume, de La Bretinière, de Jussey, de Bargitte et d’autres lieux. Il naquit à Besançon le 24 septembre 1746. Aspirant au corps de l’artillerie (24 mars 1763), sous-lieutenant élève (18 mai 1765), lieutenant en premier au régiment de La Fère (12 juillet 1766), capitaine par commission (9 mai 1778), capitaine en second détaché à Dunkerque au service des batteries de côtes (3 juin 1779) et chargé en meme temps de remplir les fonctions d’adjudant du parc d artillerie de l’armce rassemblée en Flandre, aide-major général du parc d’artillerie au corps de troupes réuni sous Genève (5 mai 1782), capitaine en second de sapeurs (4 mai 1783), capitaine de bombardiers (25 mai 1783), capitaine de canonniers (11 juin 1786), capitaine en premier (1er mai 1789), chevalier de Saint-Louis (22 mars 1790), attaché le 13 juin 1792 à l’équipage de l’armée du centre, il est remplacé le 11 septembre suivant pour avoir abandonné. Le 16 juillet 1801, il se rappelle nu souvenir du Premier Consul (voir la pièce clxxxi) et le Premier Consul lui accorde le 10 août suivant la solde de retraite. Mais le ministre de la guerre fait vérifier si les lois ne s’opposent pas à la décision de Bonaparte, et le 22 août il répond à Masson d’Autume : « Je saisirai la première occasion qui se présentera pour vous placer. >< Le 20 novembre Masson d’Autume obtient une place de capitaine de 2° classe à la 8e demi-brigade et, grâce à ce détour, atteint ses trente ans de services effectifs et, par suite, ses droits à une solde de retraite (qui lui est accordée le 30 septembre 1802). Il est, en outre, nommé conservateur de la bibliothèque de l’École d’application d’artillerie à Châlons (17 décembre 1801), puis conservateur de la bibliothèque de l Ecole d’application de l’artillerie et du génie à Metz (1803). Ce fut à Metz que s’écoula le reste de sa vie. Sous la Restauration il s’adresse, pour avoir une meilleure place, au comte d’Artois, au ministre de la guerre, au duc de Richelieu. « La dernière fois, dit-il au comte d’Artois, que le soussigné eut l’honneur d’approcher de Votre Altesse Royale et le bonheur de la voir et de l’entendre, ce fut à l'issue d’une triste cérémonie, d’un service fait à l’ile d’Houat pour les malheureux émigrés français tués peu de jours avant, en 1795. » Il écrivait au ministre de la guerre que sa vie tout entière avait été consacrée au service de la famille royale et que, malgré ses soixante ans, sa santé lui permettait toute fonction active. « Un esprit de vertige et d’erreur, ajoutait-il dans cette lettre datée du 16 juillet 1815, anime encore la grande majorité des habitants et surtout de la garnison de Metz. M. le général de Miollis a pu réussir jusqu’à présent à maintenir la sûreté publique, sinon la tranquillité, par sa prudence et sa fermeté; mais il est mal secondé et souvent contrarié. La jeunesse, surtout de la garnison, de l’Ecole de l’artillerie et du génie, ainsi que du Lycée, annonce hautement l’indépendance et le plus mauvais esprit. Il est urgent d’avoir ici d’autres chefs civils et militaires. » Le meme jour, il envoyait au duc de Richelieu les lignes suivantes : « Votre nom est d’un bien bon augure. Un Richelieu fut le sauveur de la France dans un temps de trouble et d’anarchie. La même gloire vous attend. Il eut à combattre des anarchistes dont la religion fut le masque et le prétexte. Ceux de nos jours ont écrit sur leurs bannières les mots liberté , égalité, et, comme les autres, ne veulent que dominer, et tromper. Une sévère justice, une constante fermeté, une volonté inflexible, seules, pourront anéantir pour nous et nos enfants l’hydre révolutionnaire. » Il fut breveté lieutenant-colonel d’artillerie le 5 juin 1816 (avec rang à partir du 4 avril de la même année) et le 30 juillet suivant retraité dans ce grade, avec une pension de 1 485 francs. Le l°r octobre 1828, la pension qu’il touchait comme chevalier de Saint-Louis était portée de 500 à 800 francs; il mourut quelques jours plus tard, le 26 octobre.

NOTES ET NOTICES

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