CXCIII. Rolland de Villarceaux
Jean-André-Louis Rolland de Villarceaux, fils d’un receveur général des finances de Riom, né à Paris le 21 mai 1764, aspirant (16 août 1778), élève (16 août 1780), lieutenant en second au régiment de La Fère (12 août 1782), capitaine (lor avril 1791), donna sa démission le 11 septembre 1792. Attaché comme officier d’ordonnance à l’état-major de Bonaparte, du 13 vendémiaire au 15 ventôse an IV (5 mars 1796), il eut ensuite une place en Italie, comme agent des contributions et finances, sous les ordres de Haller (4 février 1797- 24 juin 1798) et il fut employé dans le pays d’Udinc, de Palma-Nova, d’Aquilée, de Gividalc, etc.; il alla réaliser à Bologne les lettres de change sur la succession Pepoli et vendre à Parme le domaine de la Mezzola. Une décision du Premier Consul le remit en activité, comme capitaine d’artillerie (13 mars 1800), et il fut envoyé à Bayonne pour être chargé de la sous-direction (17 octobre 1800). 11 n’accepta pas cette nouvelle destination. Aussi fut-il rayé des contrôles. Mais le 25 février 1803, il était nommé préfet du Tanaro, à la place vacante par la mort du citoyen Robert; il avait deux concurrents, le piémontais Serra, très bon administrateur, homme extrêmement probe, et le français Montcalm de Gozon, ancien constituant, fixé en Piémont où il avait marié sa fille, recommandé par le consul Lebrun qui lui trouvait « un bon esprit et beaucoup de dévouement à la patrie ». Le département du Tanaro fut supprimé en l’an XIII ; mais Rolland était bien noté : « Je ne négligeais, dit-il, aucun de mes devoirs, et rien de ce dont j’étais chargé, ne m’était étranger. » Il fut le 4 juillet 1805 nommé préfet des Apennins. A la première Restauration, il était préfet du Gard. Au début des Cent-Jours, l’empereur le nomma préfet d’Eure-et-Loir (6 avril 1815), puis de l’Hérault (14 avril 1815). Déjà Rolland prêtait le serment d’usage et s’installait à Montpellier. Mais on avait appris qu’il s’était efforcé, comme préfet du Gard, de secourir par tous les moyens le duc d'Angoulème. 11 fut destitué. Sous la seconde Restauration, il essaya vainement de rentrer au service des Bourbons : « J’ai servi, disait-il, dans le même régiment que Bonaparte et dans les mêmes grades pendant dix ans, je suis cousin issu de germain de Cambacérès. J’étais très lié avec le général Bertrand lorsqu’il entra dans le génie, et je suis toujours resté en connaissance avec lui. De même avec Savary, à cause d’un de ses frères qui était officier dans le même régiment que moi. Préfet depuis treize ans, j’étais connu de tous les ministres et considéré par eux comme un habile administrateur. Il fallait que ma conduite vis-à-vis de Monseigneur le duc d’Angoulême déplût bien à l’usurpateur pour qu’il me destituât après m’avoir nommé à plusieurs reprises, lorsqu'il n’avait point de correspondance avec Nîmes et qu’il ignorait ce qui s’y était passé. »