XX. Hanicle
On a pu croire, d’après le témoignage de Montholon ( Hanicle , curé de Saint- Séverin , notes écrites par ses amis et recueillies par un de ses vicaires, 1870), que Napoléon eut pour maître à Brienne le capitaine Hanicle. « Il comparait, a dit Montholon, le caractère de cet officier à celui du maréchal Sérurier : il se rappelait en particulier avoir été mis par lui aux arrêts pour avoir frappé violemment sur le pied d’un de ses camarades avec une petite bêche qui lui
servait à faire des redoutes en terre, travail que ce camarade avait détruit d un coup de pied. » Montholon s’est trompé. Hanicle n’est venu à Brienne qu’après le départ de Napoléon. Cet Hanicle (Jean-Bapliste-Marie-Joseph), né à Prévent dans l’Artois, était entré au 8e régiment de dragons le 15 mars 1757; il y devint maréchal des logis (5 avril 17G3), maréchal des logis en chef (17 janvier 1774), adjudant (2 mai 1781) et obtint son congé absolu le 8 avril 1787; il est alors nommé capitaine des portes à l’Ecole militaire de Paris, et, après la suppression de l’établissement, attaché à l’Ecole militaire de Brienne où les aspirants ingénieurs furent envoyés sous la conduite de M. de Pernon et eurent Verkaven pour professeur de mathématiques. « Sous M. de Pernon, dit un cadet de Brienne, était le capitaine des portes, M. Hanicle, ancien maréchal des logis de dragons, chargé de nous surveiller, mais dont nous ne reconnaissions pas l’autorité; nous ne lui accordions que le droit de faire des rapports contre nous, mais non de nous donner des ordres : le bonhomme s’enivrait quelquefois; il était fort drôle quand il avait une bouteille de vin de trop dans le corps. » Hanicle, qui s’intitulait plus tard ancien capitaine de cavalerie et qui ne fut jamais, ce semble, que capitaine... des portes, obtint le 23 janvier 1794 le commandement de l’Ecole nationale des trompettes. Mais le 10 juin 1796, il mourait d’une fluxion de poitrine et d’une fièvre maligne causée par les fatigues de sa fonction. Comme il était mort en activité après 32 ans, 5 mois et 12 jours de services, sa veuve eut, en vertu de la loi du 21 brumaire V, une pension de 1 500 francs qui fut réduite à 400 francs par la loi du 14 fructidor YI. Son fils, Juste-Nicolas, qui était infirme et reçut jusqu’à Page de douze ans un secours annuel de 133 fr. 33, devint curé de Saint-Séverin.