‹ La jeunesse de Napoléon (volume 2)Chapitre 32 sur 188 · XXIV. Laugier de Bellecour · texte numérisé non relu

XXIV. Laugier de Bellecour

Pierre-François-Marie Laugier de Bellecour, fils de Louis-André, baron de Laugier et soigneur de Bellecour, et de MQ'° Anne-Charlotte du Mesnil de Laugier, né le 24 novembre 1770 à Nancy, admis aux Écoles royales militaires après le travail du mois de décembre 1780 et sur la recommandation du comte de Stainville, élève du roi à Brienne et à l’École militaire de Paris. 11 fut admis élève d’artillerie, le 40° sur 48, au concours de 17S6, et quitta l’École militaire le 11 décembre de cette année pour se rendre à Metz à la suite de 1 École d'artillerie. Mais, avec la permission du ministre, il fut réinstallé (3 avril 1788) parmi les cadets-gentilshommes transférés à l’École de Pont-à-Mousson, d’où il sortit le 4 décembre 1788 pour être élève titulaire d’artillerie à Metz. Reçu lieutenant en second, le 40e sur 41, au concours de 1789, et attaché de nouveau faute de places, à l’École de Metz, nommé second lieutenant à la 4e compagnie des mineurs (1er avril 1791), il émigra au mois de décembre 1791, fit la campagne de 1792 à 1 armée du duc de Bourbon et rejoignit au mois de mars 1793 le corps de Condé. Il y devint l’intime ami de Romain, qui raconte qu’il était avec sa mère au quartier général de Rothenbourg et y apprit brusquement la mort de son père guillotiné à Nancy.

NOTES ET NOTICES

XXY. Cominges.

Jean-Joseph comte de Cominges, né le 22 août 1770 à Avenay, admis élève da roi à la nomination du 31 décembre 1779 parce que ses parents n'ont que 250 livres de rente, entre à Brienne en 1780. Cadet-gentilhomme à l'École militaire de Paris le 22 octobre 1784, il est, au concours du lor septembre 1785, reçu le 21e sur 49 sujets que Laplacc « a jugés susceptibles de passer à l’état délèves d’artillerie ». Admis le 25e sur 61 au concours des officiers de 1786, lieutenant en second au régiment de Besançon (5 avril 1787), lieutenant en premier (1er avril 1791), second capitaine (6 février 1792), il donne sa démission, émigre au mois d’avril, est remplacé le 18 mai 1792. Il fait la même année la campagne dite de l’armée des princes et assiste au siège de Thionville et à la prise de Verdun. En 1794, il rentre sur le sol français et sert un an comme cavalier au 24e régiment. Domicilié à Reims (4, rue de la Vignette), il est colonel de la garde d’honneur de 1808 à 1814 et entre au mois de janvier 1814 dans la garde nationale. Au retour des Bourbons, il sollicita la croix de Saint- Louis et le grade de chef de bataillon. Il envoya un état de ses services, attesté par quatre officiers d’artillerie et anciens élèves de l’École militaire, Belly de Bussy, Montarby de Dampierre et les deux Dcsmazis; il rappela qu’il était « issu d une des plus anciennes familles de la noblesse du royaume » ; il allégua sa situation : « Un emploi de finance qu’il occupait, se trouvait réduit de plus d’un tiers en appointements » et, durant l’invasion, il avait eu le bras cassé à Beaurieux, dans l’Aisne, et « avait été extrêmement pillé par les troupes ennemies ». La commission des émigrés jugea qu’il devait être classé comme capitaine, à cause de son peu de services, et qu’il n’avait pas droit à la croix de Saint-Louis. Pourtant, Cominges fut nommé chef de bataillon honoraire le 26 janvier 1816 et chevalier de Saint-Louis le 29 février suivant. On le trouve en 1817 à Paris chef de division à l’administration des contributions indirectes.

XXYI. Le certificat de Brienne.

Le premier qui ait publié la note donnée à Bonaparte par le sous-inspecteur général est le rédacteur des Annales (le l’Europe (1810, Vil, 104), qui n'indique pas sa source. C’est de ce recueil que Salgues l’a tirée ( Mémoires pour servir à l'histoire de France sous le gouvernement de Napoléon Buonaparte, 1814, I, p. 71), et Salgues déclare que la note a été faite après coup. Suivant lui, Napoléon est né en 1768, non en 1769, et les éloges décernés à l'écolier « contrastent ridiculement avec son caractère; il est probable qu’il demanda ce certificat à l’un de ses anciens professeurs à l’époque où il s’occupait du projet de descendre en Angleterre; il était alors nécessaire qu’il se donnât pour un marin » (et le rédacteur des Annales dit en effet que Napoléon sera « le plus grand des marins s’il rend au monde la liberté des mers »). Chateauneuf ( Uist ■ de Napoléon Bonaparte, 1815, p. 9) prétend que la note est authentique. 11 assure l’avoir copiée sur le registre original qui fut acheté en 1794 parmi les livres du ministre Ségur par le libraire parisien Royez et vendu douze ans plus tard pour 600 francs à Louis Bonaparte. Mais il cite "une phrase que Reynaud de Monts n’eût jamais écrite (« état des élèves susceptibles d’entrer au service ») et, d’un bout à l’autre de son livre, il a démarqué Salgues. Il dit, comme Salgues, que Napoléon se présenta en 1781 (!) au concours d’artillerie. Il prend à Salgues la note que Delesguille aurait donnée à Napoléon ; il lui prend, en les abrégeant, tous les détails sur l’expédition de la Madeleine, la révolte de Paoli et la défense d’Ajaccio par Masseria, sur la journée de Pâques 1792 — qu’il place, comme Salgues, en 1793, — sur le général Collin, sur le commissaire marseillais qui somme Letizia de sortir du théâtre, sur le Souper de Beaucaire, etc. De même, il prend à Salgues le certificat de Brienne,

et, pour mieux cacher son emprunt, parle de l’original qu il aurait vu, supprime, change, ajoute des mots.

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