‹ La jeunesse de Napoléon (volume 2)Chapitre 34 sur 188 · XXVIII. Notes de Reynaud de Monts · texte numérisé non relu

XXVIII. Notes de Reynaud de Monts

Etat des élèves destinés à passer cette année à l’Ecole de Paris.

1785. Pontlevoy. M. de Saint-Cricq (Antoine-Jean-Paul), né le 21 janvier 1771. Taille de quatre pieds, sept pouces, sept lignes. Excellent sujet. La plus belle âme possible. De l’aptitude pour les sciences, du travail et des succès, on lui a quelquefois reproché de l’amour-propre. En seconde.

M. Dupont du Charnbon de Mézillac (François), né le 15 janvier 1768. Taille de quatre pieds, neuf pouces, cinq lignes. Il a été malade une partie de l’année. Sans cela, il se serait distingué. Il a cependant su tirer parti de son temps, au point de se trouver à peu près au niveau. Bon caractère, esprit solide. En seconde.

DI. le Vicomte de la Villegourio (Charlcs-Marie-Jean-Bapliste), né le 30 décembre 1769. Taille de cinq pieds, deux pouces, une ligne. Il a fait cette année tout ce qui a dépendu de lui pour réparer le temps perdu dans les précédentes. Il a passablement réussi. Sa conduite est régulière. Ses mœurs sont fort pures. En rhétorique.

M. de Thezan de Luc (Etienne-Charles), né le 11 décembre 1770. Taille de quatre pieds, sept pouces, neuf lignes. Est né avec toutes sortes de dispositions heureuses, mais n’en a pas tiré tout le parti qu’il eût pu. Rien ne le prouve mieux que, sans s’être donné beaucoup de peine, il est parvenu au pair des élèves de son âge qui ont le plus travaillé. Bon caractère, et sa conduite irréprochable. En seconde.

1785. Vendôme. DI. de Séguin de Piegon (Alexandre), né le 20 juin 1770. Taille de quatre pieds, cinq pouces. Caractère bon, conduite régulière. Objets classiques assez bien remplis. Mathématiques (Bossul), arithmétique, algèbre, médiocrement. Allemand, passablement. Dessin, assez bien. Ecriture médiocre. Exercices d’agrément, faibles. A fini sa seconde.

DI. de Saint-Germain (Claude-Clair-Louis-Elisabeth), né le 24 avril 1768. Taille de quatre pieds, onze pouces, dix lignes. Caractère doux, honnête et sensible. Conduite régulière. Objets classiques : assez bien pour l’histoire et le français, médiocrement pour le reste. Mathématiques (Bezout), arithmétique et géométrie, médiocrement, ainsi que pour l’allemand. Dessine passablement. Ecrit correctement. Exercices d’agrément, assez bien. A fini sa seconde.

DI. de Terrasson (René-Cyprien-Gabriel), né le 15 mai 1770. Taille de quatre

NOTES ET NOTICES

pieds, huit pouces, trois lignes. Caractère honnclc et sensible. Conduite fort sage. Objets classiques très passablement remplis. Mathématiques (Bossut), arithmétique, algèbre, médiocrement. Il s’applique. Médiocre pour l’allemand et le dessin. A profité des exercices d’agrément. A fini sa troisième.

RI. de Robiou de Troguindy (Jean-Marie), né le 1er décembre 1768. Taille de quatre pieds, neuf pouces, dix lignes. Caractère doux, honnête et sensible. Conduite très sage. Objets classiques passablement remplis. S’est appliqué. Mathématiques (Bezout), arithmétique et géométrie, passablement. Anglais, assez bien. Dessin, de même. Écriture, bien. Exercices d'agrément, assez passablement. A fini sa troisième.

1785. Tiron. RI. Poulain de Martene (Thomas-Jean-Baptiste), né le 1er août 1767. Taille de cinq pieds, un pouce, trois lignes. Si la conduite de cet élève eût toujours été la même qu’elle est depuis huit ans, il n’eût pas été jusqu’à ce jour appelé à l’Ecole de Paris; ce qui fait qu’il y est destiné aujourd’hui malgré son âge, c’est la certitude où l’on est qu’il sera en état de subir le premier examen pour 1 artillerie, ayant suivi le cours de Bezout avec beaucoup de succès. Ses progrès ne sont pas moins sensibles dans le dessin et dans les exercices du corps. Son caractère s'est soutenu en bien depuis longtemps. A fini sa rhétorique.

1786. Brienne. RI. Dalay de la Chasnée (Jean-Antoine-François), né le 27 février 1771. Taille de quatre pieds, sept pouces, six lignes. Bonne constitution, quoique avec l’air délicat, d'une santé constante. Conduite régulière. A fait des progrès sensibles dans les mathématiques, où il a vu jusqu’aux sections coniques. N’a pas fait dans le cours classique tous les progrès qu’on aurait attendus de sa facilité. 11 possède cependant passablement l’histoire et la géographie et explique assez bien l’anglais. A fini sa seconde.

RI. de Guérin de Tarneau (Charles-Thomas-Pierre-Antoine), né le 7 juillet 1772. Taille de quatre pieds, huit pouces, trois lignes. Conduite excellente. Santé parfaite. Caractère bon. Constitution solide. A fait des progrès sensibles dans les mathématiques où il a vu jusqu’aux sections coniques. A également bien profité de son cours classique, de l’histoire et de la géographie. Il explique assez couramment l’anglais. A fini sa seconde.

1787. Beaumont. RI. de Carmejane (Charles-Michel), né le 6 juillet 1772. Taille de quatre pieds, quatre pouces. 11 a fini sa seconde. Caractère très doux. Conduite très sage. Beaucoup de dispositions et de progrès dans sa classe, comme aussi dans les mathématiques. Il en est à la troisième partie du cours de Bezout, à l’application de l’algèbre à la géométrie. Réussissant bien dans les autres exercices. A de la religion et s’approche exactement des sacrements. Mérite de passer à l’Ecole de Paris.

1787. Tiron. RI. de Tilly (Clément), né le 3 février 1769. Taille de cinq pieds, un pouce, trois lignes. Il finit sa seconde. Conduite très régulière; beaucoup de zèle pour ses devoirs en général. Défaut absolu de succès dans le latin, faute de principes. 11 doit à l’assiduité de son travail ceux qu’il obtient dans l’étude des mathématiques. Il y joint des talents supérieurs dans les différentes parties du dessin. Mérite de passer à l’École de Paris.

1787. Pontlevoy. RI. de Maîtrise (Louis-Claude), né le 4 septembre 1769. Taille de cinq pieds, trois pouces, neuf lignes. Il a fait deux ans de philosophie. D’un caractère honnête et prévenant. Remplit bien ses devoirs de religion. 11 a fort bien fait sa philosophie. 11 dessine très bien et a fait de grands progrès dans les mathématiques, où il a vu le calcul intégral et différentiel du cours de Bezout. Il a très passablement réussi dans les exercices d’agrément. Mérite de passer à l’École de Paris.

1787. Pont-a-Mousson. RI. de RIarionnetz (Joseph-Louis-Anne), né le 23 mai 1771. Taille de quatre pieds, onze pouces, quatre lignes. A fini sa seconde. D’un caractère excellent, d’une santé parfaite et d’une conduite irréprochable. A fort bien fait son cours d’études et a suivi celui des mathématiques avec un tel

succès qu’il fut l’année dernière reçu élève d’artillerie. Il eût été indubitablement reçu officier cette année, s’il y eût eu examen. Il explique passablement l'anglais et a assez bien profité des exercices d’agrément. Mérite de passer à l’Ecole de Paris.

M. d' Anthouard de Vraincourt (Charles-Nicolas), né le 7 avril 1773. Taille de quatre pieds, huit pouces. A fini sa troisième. Caractère excellent. Jeune homme aimable. D’une santé excellente. Conduite irréprochable. A bien suivi son cours d’étude et était assez avancé en mathématiques pour avoir été reçu élève d’artillerie, s’il y eût eu examen. Explique bien l’allemand et a commencé l’anglais. A passablement profité des exercices du corps. Mérite de passer à l’Ecole de Paris.

1788. Beaumont. État d’un élève du roi désigné pour passer dans la compagnie des cadets-gentilshommes à l’École de Pont-ù-Mousson , se destinant à l’artillerie. M. Angot (Antoine-Constantin), né le 1er août 1772. Taille de six pieds. Caractère léger, mais docile. Des moeurs excellentes. D’une bonne santé. A bien suivi son cours d’étude, ainsi que celui des mathématiques, a parcouru avec succès les quatre volumes de Bezout. Dessine passablement. Explique bien l’allemand et écrit cette langue. Son corps est trop fluet pour avoir pu faire de grands progrès dans les exercices d’agrément. Il écrit correctement. A fini sa seconde.

1788. Tiron. Etats des élèves du roi désignés pour passer dans la compagnie des cadets-gentilshommes à l’Ecole de Pont-û-Mousson, se destinant à l’artillerie. M. de Quelo de Ccidouzan (Jean-Marie-Joscph), né le 31 janvier 1772. Taille de quatre pieds, onze pouces, six lignes. Caractère paisible et très honnête. Conduite la plus sage et la mieux soutenue. N’est pas doué de la plus grande facilité; mais il sait y suppléer par l’assiduité au travail qui lui procure des succès satisfaisants, particulièrement dans l’étude des mathématiques dont il fait sa principale occupation. A fini sa troisième.

il/. Le llanticr de Glatigny (Charles-René), né le 14 avril 1773. Taille de cinq pieds, deux pouces. Caractère le plus tranquille; timidité excessive; conduite sage et vertueuse. Continue de s’appliquer avec le même zèle et le même succès à l’étude du latin et des mathématiques. Quant aux autres parties d’enseignement, quoiqu’il s’en occupe moins, il n’est pas sans y faire des progrès assez satisfaisants. A fini sa troisième.

1788. Vendôme. Etat d’un élève du roi désigné pour passer dans la compagnie des cadets-gentilshommes à l’Ecole de Pont-à-Mousson, se destinant à l’artillerie, il/, de la Noue (François-Louis), né le 15 novembre 1772. Taille de quatre pieds, onze pouces, trois lignes. Cet élève a quelque difficulté de prononcer, mais c’est un excellent sujet. Possède bien son arithmétique et sa géométrie. Ses parents le destinent à l’artillerie. Le jeune homme le désire et le mérite. A fini sa troisième.

1788. Pont-a-Mousson. Etat d’un élève du roi, désigné pour entrer dans la compagnie de MM. les cadets-gentilshommes se destinant à l’artillerie. M. Du Roc (Gérard-Christophe). Taille de quatre pieds, cinq pouces, trois lignes. Caractère doux et sensible. De la meilleure conduite. A parfaitement suivi son cours d’étude et a fait les progrès les plus satisfaisants dans les mathématiques, et a profité de tous les autres objets de l’enseignement. A fini sa seconde.

1788. Brienne. État d’un élève du roi qui a été désigné pour entrer dans la compagnie des cadets-gentilshommes se destinant au génie. M. d'Hautpoul (Cbarlcs-Murie-Benjamin), né le 4 septembre 1772. Taille de quatre pieds, dix pouces, six lignes. Caractère bon et doux. Conduite sage et très régulière. Se distingue constamment par son application et son amour pour l’étude. Il fait bien au latin, à l’histoire, à la géographie et aux mathématiques dont il répète l'arithmétique, la géométrie et l’algèbre; bien aussi dans la langue allemande, assez bien dans le dessin et l’escrime. A fini sa troisième.

NOTES ET NOTICES

1788. Brienne. M. de Tresscrnancs de Brunet (Louis-Raymond-Désiré), né le 20 septembre 1771. Taille de quatre pieds, onze pouces, six lignes. A fini sa seconde. D une santé constante. Le fond du caractère est bon, mais parfois entêté. Sa conduite est des plus régulières et ses mœurs bien pures. A vu toute la trigonométrie et fort bien fait son cours d'étude; il explique passablement 1 anglais. A peu réussi aux exercices d'agrément. Mérite de passer à l’École do Paris.

il/, de Clozier (Charles-Louis), né le 4 février 1772. Taille de quatre pieds, quatre pouces, neuf lignes. A fini sa seconde. Bonne constitution, santé excellente. Caractère doux et aimable, conduite très régulière, mœurs bien pures. S’est appliqué constamment à tous ses devoirs, a bien fait son cours d'étude, a vu la trigonométrie, sait bien l’arithmétique, explique passablement l’anglais, et a fait quelques progrès dans les exercices d’agrément. Mérite de passer à l’École de Paris.

M. de Rison (Maurice-François-Alexandre-Marie), né le 2 juillet 1772. Taille de quatre pieds, huit pouces, trois lignes. A fini sa troisième. D’une santé et d’un caractère excellents ; de la physionomie la plus heureuse; a réussi dans presque tous les genres. Né avec de la facilité, il en a tiré parti et doit aller loin, s’il modère sa vivacité. A vu la géométrie et la trigonométrie. Il explique passablement l’anglais et a bien commencé ses exercices d’agrément. Mérite de passer à l’Ecole de Paris.

M. de Spinelte (Charles-François), né le 30 septembre 1772. Taille de quatre pieds, cinq pouces, neuf lignes. A fini sa troisième. Joint à une santé excellente le meilleur caractère. Son ardeur pour le travail ne s’est jamais démentie. Aussi a-t-il fait les progrès les plus satisfaisants dans tous les genres. Sait bien l’arithmétique, a vu la géométrie et la trigonométrie. Il sait un peu d’allemand et a quelques dispositions pour les exercices du corps. Mérite de passer à l’Ecole de Paris.

1788. Tournon. État d’un élève du roi qui a été désigné pour entrer dans la compagnie des cadets-gentilshommes se destinant au génie. M. Puniet de Montfort (Joseph), né le 6 avril 1774. Taille de quatre pieds, six pouces, six lignes. C’est bien le meilleur sujet de l’Ecole; il joint à de bonnes qualités un grand fonds de modestie, le discernement d’un homme fait, l’innocence et la simplicité d’un enfant de six ans. L’attention la plus scrupuleuse n’apercevrait pas en lui l’apparence môme d’un défaut; il réussit dans toutes les parties de l’enseignement; il possède fort bien l’arithmétique et la géométrie jusqu’aux surfaces. Il a besoin de revoir le reste de la géométrie; il entend bien l’allemand; on est content de ses progrès dans le dessin. En rhétorique.

XXYIII bis. Le banquet des anciens élèves de Brienne.

Voir sur ce banquet le Précis de la réunion des élèves de l'Ecole militaire de Brienne, an VII, dont Bouquet jeune est sans doute l’auteur. Il est signé : Berton aîné et jeune, Patrauld, Bouquet, Deshayes, Avia, Fauvelet, Duval, Florensol, Cominges, Dugré, Colombière, Bouquet jeune, Laval aîné et cadet, Laforêt, Jannard, Duluc, Dubelloy, Delaure, Sourbier, Saint-Pollet, Vauquelin, Bonamy cadet, Curel, Dampierre cadet, Patrauld jeune, Fay, Berton, Simon, Poinsault, Pinel, Failly, etc.

Les premiers signataires sont les fonctionnaires de l’École. Viennent ensuite les camarades de Bonaparte : Fauvelet, frère aîné de Bourrienne; Duval (d’Essertennes ou d’Oligny); Cominges; Dugré (Du Gretz du Mont Saint-Père); de la Colombière; Bouquet jeune; Laval; Laforêt; Jannard-Croiset; Du Luc; Du Belloy; De Lor.

Les autres élèves ne sont pas des camarades de Bonaparte ou n’ont fait que l’entrevoir.

Sourbier est Antoine-Nicolas Paviot de Sourbier, né le 25 juillet 1776, pensionnaire à Brienne (11 mars 1787), fils d’un lieutenant de cavalerie, brigadier dans la compagnie des gendarmes bourguignons.

Saint-Paulct est le cadet-gentilhomme de l'Ecole militaire de Paris (pièce ci.x), amené sans doute par Cominges et La Colombière qui boivent avec lui <• à l’union inaltérable des élèves des Ecoles militaires de Brienne et de Paris ».

Vauquclin (pièce xliii).

Curcl est Charles-Emile de Curel, fils de Nicolas-François de Curel qui devint colonel du génie. Né le 28 janvier 1779 à Toul, pensionnaire à Brienne (30 septembre 1787), admis à l'École de Metz (8 avril 1793), lieutenant du génie de 2e classe (20 février 1796) et de lre classe (20 avril 1790), capitaine de 2e classe (18 août 1799), employé dans les places fortes de l’Est, puis à l’armée d’Italie, fait prisonnier à Alexandrie et échangé (8 septembre 1800), il meurt à Brcslau le 2 octobre 1807 d’une fièvre nerveuse.

Dampierre cadet est sans doute Augustin de Dampierre, né à Hans le 15 septembre 1780, pensionnaire à Brienne (21 octobre 1787) et qui devint maréchal de camp.

Patrauld jeune, neveu du P. Patrauld, était pensionnaire à Brienne en 1787.

Berton est Joseph Berlon (pièce lxxx) — à moins que ce ne soit Sébastien Berton, né le 30 octobre 1773 à Reims, pensionnaire à Brienne le 5 mai 1785 (ce Sébastien Berton, parti en 1793 comme réquisitionnaire, réformé en 1801, entré, sans doute sur la recommandation de son oncleJ.-B. Berton, dans l’administration des hôpitaux militaires, meurt à Montmédy le 20 mars 1832 comme garde-magasin).

Simon est Sébastien Simon, entré à l’École comme pensionnaire le 17 mai 1787.

Poinsault est Pierre-François Poinsot, né le 26 novembre 1778, pensionnaire le 17 mai 1787.

Pinel est Jean-Cécile Pinel, né à Paris le 14 mars 1778; il fait ses études à Brienne de 1786 au 15 août 1792; novice timonier sur le Pégase et congédié pour faiblesse de santé, capitaine à la légion des Francs, puis à la 14e demibrigade légère, employé au secrétariat particulier du ministre Milet-Mureau, attaché au bureau de la gendarmerie, envoyé à l’armée de réserve à la suite du commissaire-ordonnateur, il entre définitivement dans la gendarmerie en mai 1802.

Failly est sans doute Charles-Armand de Failly, né le 22 mai 1780, élève du roi le 20 septembre 1788.

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