LXXVII. Les deux Bouquet
Pierre-Charles Bouquet naquit à Reims le 4 février 1745 et y fit sa profession, au couvent des Minimes, le 6 mai 1775. Professeur et préfet des classes à l'Ecole royale militaire de Brienne, il fut nommé le 8 septembre 1800, ainsi qu'un Pieot-Moras, maître d’études au collège de Saint-Cyr. Il était premier maître d’études lorsque Berton l’emmena avec lui à Compiègne. 11 suivit Berton à Reims et y mourut le 15 juin 1811.
Son neveu Jean-Charles Bouquet, né à Reims le 24 juillet 1772, volontaire le 12 septembre 1791, caporal de la 8° compagnie (15 janvier 1792), premier secrétaire de la division d’Harville à Maubeuge (18 septembre 1792), lieutenant au 1er bataillon des chasseurs du Hainaut (26 novembre 1792), nommé commissaire des guerres par Carrier (13 décembre 1793) et confirmé par Ruelle, Chaillon, Delaunay, Gaudin et Menuau (2 janvier 1795), fut réformé à la nouvelle organisation. Mais Cochon le recommandait (lettre datée de Macbecoul, 3 octobre 1795) : « Nous avons ici, disait le représentant, à Machecoul, Challans et Soullans plus de 10 000 hommes, et il n’y a pour ces trois camps qu’un seul commissaire des guerres qui réside à Macbecoul, et encore n’est-il pas employé dans le dernier travail; il ne fait ce service qu’en attendant un successeur; vous sentez qu’il est impossible qu’il suffise à tout; quoique jeune, il m’a paru avoir du zèle, de l’intelligence et de la fermeté; il fait bien son service, il serait utile de le mettre en activité. » Bouquet fut remis en activité (13 octobre 1795) et nommé par Bonaparte commissaire des guerres de la division Serurier (4 février 1797). On sait ce qui advint : dès le 20 décembre 1796, dans une lettre au Directoire, Clarke lui reconnaissait des talents et de l’activité, mais ajoutait qu’on doutait de sa probité; le témoignage de Victor est écrasant (voir la pièce suivante); condamné le 13 juin 1797 par le conseil de guerre dont le jugement est cassé le 10 janvier 1798, acquitté le 11 août 1798, Bouquet fut mis au traitement de réforme le 12 avril 1800, et privé de ce traitement le 28 janvier 1813. Cf. Grasilier, Mémoires de l’adjudant général Landrieux, 1893, I, p. 249-261, et la Gazette des tribunaux du mois de mai 1830.