LXXVIII. Lettre de Victor annotée par Bonaparte
Au Quartier Général de Padoue, le 16 floréal an V, Victor Perrin, général de division, au général en chef.
Général, j’ai l’honneur de vous prévenir qu’un commissaire des guerres, nommé Bouquet, est venu ici, par ordre du général Kilmaine, mettre les scellés au Mont-de-Piété. Je l’ai autorisé à faire cette opération, assisté du commandant de la place et de deux officiers municipaux. Elle s’est effectuée, non pas suivant mes intentions, mais après y avoir commis la dilapidation la plus monstrueuse que le commissaire et le commandant ont eu soin de cacher aux officiers municipaux. J’en ai la preuve par la hardiesse qu’ils ont eue de me faire offrir une partie de leur vol. Une reconnaissance que je faisais pendant l’exercice de ce brigandage m’a empêché d’en être instruit assez tôt pour faire arrêter cc commissaire qui a eu l’impudence de compromettre votre épouse, en disant que ce dont il s’emparait était destiné pour elle. Je vous préviens et vous demande contre ce commissaire une punition égale au délit dont il s’est rendu coupable.
Salut et respect, Victor.
Renvoyé au général chef de l’état-major pour faire arrêter le commissaire des guerres Bouquet et le faire traduire devant un Conseil militaire.
Le général en chef,
Bonaparte.