‹ La jeunesse de Napoléon (volume 2)Chapitre 83 sur 188 · LXXXIV. Le personnel de l’École militaire de Paris en · texte numérisé non relu

LXXXIV. Le personnel de l’École militaire de Paris en

Le bibliothécaire Joseph Arcambal, veuf, père de cinq enfants, naguère receveur des tailles de la généralité du Puy en Velay, était entré à l’Hôtel le 7 février 1779; il avait à cette époque dépassé la soixantaine. Deux de ses fils ont marqué : Hyacinthe-François, qui fut directeur de la correspondance de l’administration des étapes, secrétaire général de l’administration de la Corse et chef du bureau des lois et archives au ministère de la guerre; Jacques- Philippe, qui fut commissaire-ordonnateur et inspecteur aux revues.

Professeurs de mathématiques. Dez était à l’Hôtel depuis dix-huit ans, lorsqu'il demanda sa retraite et fut, le 13 février 1787, remplacé par Lenglct, professeur de mathématiques à l’École des carabiniers; le Conseil de l’École, qui proposait quelques années auparavant de lui donner la place de sous-directeur des études, reconnaissait qu’il avait contribué par ses soins à former un assez grand nombre de sujets de distinction.

Verkaven, gendre de Dez, issu d’une famille attachée depuis cent vingt ans à l’Imprimerie royale, où il avait travaillé quelque temps avec son père, recommandé par d’Alembert, Bezout, Bossut, Condorcet qui lui avaient donné des élèves à diriger, était entré le 13 septembre 1778. En 1788, à la seconde réforme, comme on disait, il alla à Brienne ; mais les cadets du génie, témoigne Montfqrt, le jugeaient « très mauvais professeur ».

Grou était entré à l’École le 1er octobre 1769.

Legendre, entré le 1er décembre 1774 et réformé en 1776, était, selon une lettre du ministre Ségur au Conseil de l’École (19 mai 1784), spécialement chargé d’enseigner les mathématiques aux élèves qui se destinaient au génie.

Cf. sur Le Paute d’Agelet et Louis Monge, Labbey et Prévost, qui furent les maîtres de Bonaparte, la pièce lxxxviii. On peut noter, en passant, que Romme, le futur montagnard, fut candidat à une des chaires. La comtesse d’Harville le recommandait au ministre, et lui-même assurait qu’il enseignait depuis cinq ans les mathématiques et « se réclamait » de Lalande, de Cousin et de Bezout.

Professeurs de dessin. Halm était entré le 8 octobre 1770; Du Bois de Sainte- Marie, le 2 août 1771; Méon, le 1er février 1784. Méon, qui occupait déjà un pareil emploi, lors de la première suppression, avait succédé à Durif de la Roche, mort d’une hydropisie le 31 décembre 1783.

Professeurs de fortification. Fleuret était entré la 1er octobre 1769; Rousseau, le 27 juillet 1775; Marteau, le 7 juillet 1782. On retrouve Rousseau à l’École de Châlons, et Pion des Loches le dépeint patriarcal, faisant un plan avec une correction inimitable, mais incapable de s’exprimer clairement. Marteau,

d’abord professeur à Pontlevoy, avait été recommandé par Keralio qui louait ses connaissances et son honnêteté.

Professeurs d'histoire. Hugnin, dont un cadet ignorant écrivait le nom Hugues Gain, était entré à l’École le 1er juillet 1760; Delesguille, le 1er octobre 1769; Tartas, le 5 décembre 1781; Petit, le 23 juillet 1784. Hugnin fut chargé en 1785 d’un cours do grammaire latine que le Conseil de l’École regardait comme indispensable. Delesguille et Tartas, maîtres de Bonaparte, méritent une notice spéciale (cf. pièces suivantes). Petit, jeune encore, n’avait pas atteint la trentaine et venait d’entrer à l’Hôtel comme professeur suppléant.

Professeurs de langues vivantes. Le professeur d’anglais, Roberts, avait été nommé le 21 février 1778. Les trois professeurs d’allemand, Hamman, Baur et Matterer, entrèrent à l’Hôtel le 1er octobre 1769. Matterer était, au témoignage de l’administration, un excellent sujet qui tenait sa place avec succès. Baur fut recommandé par le duc de Charost.

Professeurs de droit public. Entré à l’Hôtel au mois de janvier 1762 et parti en 1769, Junker fut nommé, le 19 mai 1784, professeur de morale et de droit public. 11 fit paraître son cours de droit public. Dès qu’il en eut annoncé l’impression, le ministre Ségur écrivit au Conseil de l’Ecole (21 octobre 1785) qu'il fallait acheter mille exemplaires de cet ouvrage qui « pouvait être de la plus grande utilité aux cadets-gentilshommes », et trois jours après, le Conseil allouait 3 000 livres à Junker pour mille exemplaires.

Floret, nommé, comme Junker, le 19 mai 1784, n’exerça ses fonctions que jusqu’au 5 juin 1787 où il eut pour successeur un jeune homme de trente ans, nommé Kirschbaum.

Professeurs de langue française. Collandière était entré à l’Hôtel le 18 novembre 1781, sur la recommandation de M",e de Montmorin. Son collègue Domairon (cf. Chaptal, Souv., p. 179-180) était plus ancien; sa nomination datait du 21 février 1778. Né à Béziers le 25 août 1745, Domairon mourut le 16 janvier 1807. Il avait dû obéir à Ségur (cf. p. 201); le premier volume de ses Principes, qui parut en 1784, est dédié aux cadets-gentilshommes de l’École royale militaire; le second volume, qui vit le jour en 1785, ne porte plus cette dédicace.

Professeurs d' équitation. D’Auvergne était chef, Bongars, second chef, et Du Tertre, sous-chef. D’Auvergne, lieutenant-colonel de cavalerie, était entré à l’Hôtel au mois d’avril 1756, après avoir servi pendant treize années dans les troupes du roi; il touchait 8 730 livres par an, et le conseil de l’Ecole louait ses talents distingués, l’assiduité et la douceur qu’il montrait dans l’exercice de sa place, ses soins incessants en un emploi surchargé de détails multipliés.

Bongars avait servi dix années dans les carabiniers et il était entré à l’Hôtel le 10 avril 1779, comme sous-lieutenant réformé des carabiniers, avec commission de capitaine d’infanterie; son traitement était de 4 200 livres.

Le chevalier Jean-Marie-Louis du Tertre, né à Étaples le 30 septembre 1745, gendre de d’Auvergne et qualifié de commandant en troisième du manège, ancien élève de l’École militaire et cornette du régiment de cavalerie La Reine (15 février 1762), était capitaine à la suite et venait d’entrer à l'Hôtel (24 août 1784) avec le même traitement que les professeurs ordinaires, 2 400 livres. 11 fut plus tard maître d’équitation, à 2 000 francs par an, à l’Ecole spéciale militaire de Fontainebleau.

Il y avait enfin un maître de voltige, nommé Ciolly, qui recevait 1 200 livres par an et qui était entré à l’Hôtel, avec d’Auvergne, au mois d’avril 1756.

Professeurs d’escrime. C’étaient Estienne F’olie, l’aîné, maître en fait d’armes, entré à l’Hôtel au mois de juillet 1756 (2 400 livres! ;

Estienne Folie, cadet, premier prévôt, entré le 20 juin 1760 (2 000 livres); il se plaignait en 1787 d’avoir des appointements inférieurs à ceux des autres professeurs, mais ne reçut, au lieu d’une augmentation de traitement, qu’une gratification de 500 livres;

NOTES ET NOTICES

Eslienne Folie, neveu, second prévôt, entré le 5 décembre 1781 (1 200 livres).

Professeurs de danse. Feuillade, entré à l'Hôtel le 12 mars 1770, comme adjoint de son père et devenu titulaire le 1er janvier 1778, ainsi que Duchesne, entré le 5 août 1782, touchait 2 000 livres par an.

Maître d'écriture. Daniel, entré à l’École le 1er février 1773 (1 500 livres).

Service médical. Mac-Mahon touchait 8 000 livres; Garre, 4 400; Dussault, 2 300; Du Four, 2 000; La Mothe, 2 000; Bourdet, 1 200; Pipelet et Grandjean, 600. Le médecin Mac-Mahon (dont un cadet, très peu clerc, écrit le nom Mappemaon ), « citoyen aussi recommandable par ses vertus que par ses lumières », mourut le 6 septembre 1786 après seize jours de maladie, et le Conseil assurait que cette perte lui causait une affliction véritable, que Mac-Mahon n’avait pas un seul instant démenti son attachement à l’École et prodiguait à toute heure, à tout moment, ses soins et ses secours aux malades de l’Hôtel et même aux malheureux dont rétablissement était environné. Le 28 octobre suivant, le fils du médecin recevait une gratification extraordinaire de 15 000 livres sur les fonds de l’Hôtel.

Service religieux. Les abbés Genet (dont Vaublanc parle déjà dans ses Mémoires) et Bourdon (qui avait au mois de décembre 1781 remplacé l’abbé Gandolplie, démissionnaire) touchaient chacun 2 400 livres; l’abbé Gonort, chapelain, 1 800 ; l’abbé Picot, sacristain, I 500 ; l’abbé Flavigny, diacre d’office, 1 310 ; l’abbé Becquet, sous-diacre d’office, 1 000; l’organiste, 1 200; les deux chantres et le serpent, 600; deux enfants de choeur, 150; deux autres, 100. L’abbé Garat, curé du Gros-Caillou, avait aussi son traitement, égal à celui du serpent et des chantres.

Page 1