XLV. Les Dugommier (p
Dugommier-Dangemont.
Jacques-Germain-François Dugommier, dit Dangemont, né à Sainte-Anne, Grande-Terre de la Guadeloupe, au mois d’août 1767, sous-lieutenant au 14e régiment ci-devant Forez (6 mars 1793), chef de bataillon adjudant général provisoire à l’armée des Pyrénées-Orientales et confirmé dans ce grade (26 avril 1794), passé en Amérique le 6 mars 1795, non compris dans l’organisation du 13 juin suivant, revenu en France et sollicitant une place du Directoire après le 18 fructidor, remis en activité comme adjudant général (24 janvier 1798) pour être employé à l’armée d’Angleterre, attaché en l’an VII au général de brigade Guillot à BelleTsle-en-Mer, atteint de démence en l’an VIII, guéri et autorisé par le ministre de la guerre à se rendre à La Guadeloupe (11 février 1802), puis sur une lettre de Decrès qui déclare que « ce serait exposer ses jours que de lui faire entreprendre une pareille traversée » (2 mars 1802), recevant l’avis qu’il sera payé en France, et non ailleurs, de son traitement de réforme, protestant (cf. la pièce suivante), et obtenant de Bonaparte la permission de partir, mort à l’hôpital du Val-de-Grâce.
Lettre de Dugommier-Dangemont à Bonaparte.
Paris, le 26 germinal an X (16 avril 1802) .
Dugommier, adjudant commandant, au premier consul Bonaparte.
Citoyen consul,
En rendant la paix à la France, vous avez assuré à ses défenseurs le plaisir d’embrasser leurs père et mère et la jouissance, avec eux, du fruit de leurs
fatigues. J’étais flatté de ce doux espoir par l’arrêté que vous aviez pris dernièrement de m’envoyer à la Guadeloupe. Il s’est bientôt évanoui, car le ministre de la marine m’a fait part que vous l’aviez rapporté. Vous avez eu sans doute des motifs de le faire, que je ne dois pas chercher à pénétrer. Mais je vous prie de prendre en considération qu’il y a treize ans que je suis sorti de mes foyers avec mon cher père que j’ai eu le malheur de perdre, pour servir sous les étendards de la République que j’ai constamment suivis dès cette époque. Il me serait bien doux de revoir ma chère mère et de mettre ordre à mes affaires. Si vous me destinez un emploi autre part, je vous prie de me faire parvenir au plus tôt des ordres; vous me rappellerez à la vie et vous sauverez un jeune homme des dangers sans nombre qu'il a à courir dans cette ville immense et pernicieuse.
Salut et respect.
Dugommier.
{En marge.) — Renvoyé au ministre de la marine. Accordé.
Paris, le 17 floréal, an 10.
Le premier consul,
Bonaparte.
Dugommier- Chevrigny ,
Jacques-Germain-François Dugommier, dit Chevrigny, né à La Basse-Terre le 10 juin 1773, soldat au 2e bataillon des volontaires de Paris (2 mars 1792), sous-lieutenant au 14° régiment (6 mars 1793), aide de camp de son père (10 juin 1793), nommé adjudant général chef de bataillon par les représentants devant Toulon (30 décembre 1793) et breveté dans ce grade (26 avril 1794), adjudant général chef de brigade (13 juin 1795), fait les campagnes des ans II, III, IV (avec son père et Schérer), V et VI (avec Bonaparte), VII (avec Schérer), VIII (avec Champion net) et IX (avec Brune), à l’armée des Pyrénées- Orientales et à celle d’Italie, les campagnes des ans XI, XII et XIII en Batavie et au camp d’Utrecht, la campagne de l’an XIV à la Grande Armée, les campagnes de 1806, 1807, 1808, 1809 et 1810 à l’armée d’Italie où il était chef d’étatmajor d’une division de cavalerie, la campagne de 1812 en Russie. Une lettre de Partouneaux du 24 avril 1813 annonce sa mort. Il avait épousé le 25 décembre 1803 à La Haye une Génoise, Anne-Marie-Antoinette-Louise Zeca, qui reçut de Napoléon, par un décret daté de Troyes le 26 février 1814, une pension de 600 francs.
Dumontier.
Pierre Dumoutier, né le 8 mai 1750 à Riom (Puy-de-Dôme), soldat au 75e régiment (9 mars 1769), caporal (1er juin 1769), sergent (1er septembre 1769), détaché pour servir sous les ordres de Rochambeau à la Nouvelle Angleterre (1er juillet 1780), lieutenant de la milice de Saint-Pierre de la Martinique (1er mars 1784) et major de la garde nationale de cette ville (20 septembre 1790), capitaine au 15e régiment (10 mai 1792) et adjudant-lieutenant de la place de Landau (22 décembre 1792) sur la recommandation de Santerre et de Dugommier, lieutenant-colonel au 32" (8 mars 1793), général de brigade provisoire à 1 armée du Rhin (30 septembre 1793), autorisé à prendre sa retraite à cette époque, admis aux Invalides avec le grade et le traitement de colonel (24 juin 1795-17 septembre 1796), chargé du commandement de la place de Lille (13 décembre 1796), destitué par un arrêté du Directoire (23 février 1799), capitaine titulaire de la 208e compagnie de vétérans (18 décembre 1799), che£
NOTES ET NOTICES
de bataillon à la 10e demi-brigade de vétérans (5 octobre 1800), passé à la Guadeloupe pour y remplir une place de commandant d’armes (9 décembre 1801), rentré en France (Ier avril 1803) pour raison de santé, mis en réforme (26 mai 1803), retraité le 10 mai 1810 et décédé à la Martinique le 10 octobre 1819.
Lettre de Bonaparte à Dumoutier .
[Dumoutier, étant aux Invalides, écrivit a la fin de 1795 au général en chef de l'armée de 1 intérieur, Bonaparte, qui lui fit la réponse suivante. La lettre est insignifiante; mais elle est de Bonaparte.]
Au général de brigade Dumoutier, à la maison des Invalides.
19 nivôse IV, 3 heures.
Ma mission relative à l’organisation de la maison des Invalides, citoyen, étant finie, c est au ministre de la guerre seul que vous devez adresser votie demande.
XL VI. Bergeron (p. 234).
Jean-Denis Bergeron, né le 9 juin 1757 à Saint-Germain-en-Laye, dragon au régiment de Pentbièvre (26 août 1772), garde du corps du comte d’Artois (1er novembre 1773), lieutenant dans la légion de Nassau (8 février 1779), dans les volontaires de la marine (8 juillet 1779), dans la légion de Lauzun (26 juin 1781), sous-lieutenant de la maréchaussée avec brevet de lieutenant de cavalerie (20 décembre i 7 8 1 ) , lieutenant de la gendarmerie des Pyrénées- Orientales (19 juin 1791), chef du 3e bataillon des volontaires (4 novembre 1792), adjudant général chef de bataillon (29 août 1794), adjudant général chef de brigade et commandant d’Arles (9 janvier 1795), commandant de Caen (24 mars 1796), de Besançon (1er novembre 1796), do Charleroi (21 février 1799), de Briançon (3 juillet 1799), de Neuf-Brisach (4 juin 1802) et de Coblentz (25 mars 1804), réformé (23 septembre 1804), rappelé au service et envoyé comme colonel commandant de place à Celle (2 mai 1809) et à Bois-le-Duc (15 septembre 1809), réformé de nouveau (12 juillet 1810), remis de nouveau en activité et nommé adjudant commandant la place de Danzig (13 mars 1811), où il meurt le 8 décembre 1812.
XLYII. Taisand (p. 234).
Gabriel Taisand, né le 26 janvier 1754 à Dijon, fils d’un entrepreneur, avait servi douze ans. Il était, lorsqu’éclata la guerre de la Révolution, conducteur de travaux sur les grandes routes. Élu lieutenant au 2° bataillon des volontaires de Côte-d’Or (1er septembre 1791), puis capitaine de la compagnie des canonniers du même bataillon (14 février 1793), il fut nommé pendant le siège de Toulon chef de bataillon d’artillerie et, après la prise de la ville, envoyé en qualité de commandant de l’artillerie à La Ciotat et ensuite à Avignon. Mais la loi du 18 floréal vint exclure de l’artillerie tous ceux qui n’appartenaient pas à cette arme au lor février 1793. Taisand rentra dans son ancienne compagnie, devenue compagnie des canonniers de la 117e demi-brigade. La même loi réforma la compagnie, et Taisand, embarrassé, écrivait au ministre Aubert Dubayet : « Que deviendrai-je? Informez-vous au général Buonaparte du fond que l’on peut faire sur moi. » Il eût accepté volontiers la
place d’adjudant général que lui offrait Cartcaux; niais le ministre objectait qu’on ne pouvait être adjudant général qu’après avoir eu le grade de chef de bataillon — dans lequel Taisand n’avait pas été reconnu par le gouvernement — et celui de chef de brigade. Bonaparte appela Taisand à Paris et le fit nommer chef de bataillon dans la légion de police de Taris créée par la loi du *9 messidor an III, puis, lorsque cette légion fut licenciée au mois de floréal an IV, chef de bataillon à la suite de la 72“ brigade devenue 75“ (18 mai 1796), commandant de la citadelle de Brescia (11 août 1796) et enfin chef du 8“ bataillon de grenadiers. Mais Taisand fut blessé le 14 septembre 1796 à Saint- Georges et mourut le 14 octobre suivant à l’hôpital de Sainte-Euphémie, à Vérone. C’est lui que le Moniteur nomme Talland (XXVIII, 441) et la Correspondance de Napoléon Tayland (I, 618).