‹ La jeunesse de Napoléon (volume 3)Chapitre 70 sur 86 · LXI. Boinod (p · texte numérisé non relu

LXI. Boinod (p

On trouvera dans les Volontaires de la Savoie d’André Folliet de bonnes notices sur Dessaix, Dupas, Pacthod et Seras, les Allobroges qui servirent avec Bonaparte au siège de Toulon. Mais Boinod est moins connu et se rattache plus étroitement à Napoléon. Jean-Daniel Boinod, fils d’un horloger, était né à Vevey le 29 octobre 1756. Après avoir été imprimeur-libraire à Philadelphie et volontaire de l’indépendance américaine, il revint dans sa patrie en 1789. Exilé par Berne et réfugié à Paris, il prit part à la journée dn 10 août dans le bataillon des Cordeliers. Le 13 août 1792 il était nommé par le Comité révolutionnaire des Allobroges quartier-maître trésorier de la légion des Allobroges. 11 s’acquitta parfaitement de ses fonctions et attira sur lui l’attention de Saliceti, qui le nomma provisoirement commissaire ordinaire des guerres (15 novembre 1793). 11 ne fut pas compris dans la nouvelle organisation du 13 juin 1795. Mais Bonaparte se souvenait de lui, et bientôt nous voyons Boinod commissaire des guerres employé à Paris (9 octobre 1795),

NOTES ET NOTICES

employé à 1 armée d Italie (22 décembre 1795), employé à l’armée d’Orient (18 avril 1798). Il rentre en France (27 septembre 1799), et le voilà commissaire ordonnateur (i3 janvier 1800), inspecteur aux revues (7 février 1800), chargé d'organiser en Bourgogne les bataillons du train d’artillerie et d’assurer dans le Valais les subsistances et les transports pour le passage du Saint-Bernard, commissaire ordonnateur en chef de l’armée d’Italie (5 janvier 1801), inspecteur aux revues de la 6e division militaire (15 janvier 1802) et de la réserve de cavalerie de la Grande Armée (29 août 1805), inspectant extraordinairement le 2° corps (21 juin 180(5). Nous le trouvons ensuite dans le royaume d Italie attaché au ministère de la guerre (17 septembre 1800) et, après une mission en Dalmatie (15 mars 1808), inspecteur aux revues (19 avril 1808), intendant général de l’armée (4 mai 1809), ordonnateur en chef de cette armée lors de sa réunion avec l’armée d’Allemagne en juillet 1809, inspecteur en chef anx revues (15 février 1810). En 1814, il quitte Milan pour rejoindre Napoléon à l’ile d’Elbe, et le 13 décembre de la même année, la première Restauration le raye des contrôles de l’armée française. 11 revient avec Napoléon en qualité de commissaire ordonnateur en chef des troupes impériales (1er mars 1815) et reçoit la place d’inspecteur aux revues de la garde (14 avril) : « Boinod, avait dit Napoléon, s’est distingué par son activité, son zèle, son attachement à ma personne, et il faut le placer d’une manière avantageuse. » La seconde Restauration le licencie (1er octobre 1815), et bien qu’elle reconnaisse ses talents et sa probité scrupuleuse, déclare qu’il s’est interdit tout recours à la bienveillance du roi, puisqu’il a rejoint l’usurpateur à l’ile d’Elbe et Fa suivi, servi de tous ses moyens. Pourtant, par un « acte de clémence », il obtient une retraite de 3 000 francs, minimum de la pension de son grade (16 avril 1817) et il est attaché à l’administration de la guerre comme agent spé.ial de la manutention des vivres de Paris (1er mai 1818), puis comme gérant de cette manutention (1er juillet 1821), enfin comme directeur de lre classe des subsistances militaires faisant fonction d’agent comptable (1er juillet 1825). Le gouvernement de juillet l’admit au traitement d’activité du grade d’intendant en chef (1er octobre 1830), le nomma intendant militaire (31 décembre 1830), et le chargea par intérim du service des Invalides (27 janvier 1831). Mais Boinod cessa bientôt ses fonctions (1er mai 1831) pour être admis définitivement à la retraite (2 décembre 1832). Il mourut à Paris le 28 mai 1842.

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