XI. Petriconi (p
César-Mathieu Simoni de Petriconi, né le 21 octobre 1727 à Sorio, avait dès sa jeunesse servi la monarchie dans le régiment du Royal-Corse où il fut enseigne (10 octobre 1743) et capitaine à la suite (18 janvier 1760), et s’était de tout temps proclamé le sujet le plus dévoué du roi. Il détestait alors Paoli. « Je connais depuis longtemps, écrivait-il en 1708, l’ambition démesurée de cethomme; il le sait, et non content de me faire du mal, il en veut à mes parents et à tous ceux qui me sont attachés, cherchant à anéantir mon parti; pour me nuire, il a fait faire un second mariage à mon père qui a cessé de m’aimer pour devenir son ami, et pour aimer apparemment avec plus de force sa nouvelle épouse et Paoli qui a su le séduire et lui en imposer ainsi qu’à bien d’autres pour le malheur de la nation aveuglée. » 11 prit part aux campagnes du maréchal de Vaux, entraîna les habitants du Nebbio qui balançaient encore, accompagna Lauzun au fort du péril : « il ne s’est pas tiré, disait-il, un coup de fusil en Corse que je n’y ai été. » Il fut nommé lieutenant-colonel de la légion corse, avec rang de colonel (l<’r septembre 1769). Mais il ne se croyait pas suffisamment récompensé; il cria, clabauda devant les officiers, s’efforça de les dégoûter du métier, leur disant qu’ils servaient d’escaliers et de machines pour établir la fortune d’autrui, qu’ils se laissaient mener comme des moulons, qu’ils n’avaient plus rien à attendre et à espérer, mais que lui, Petriconi, voulait se mettre à leur tête et leur procurer un sort plus avantageux,
NOTES ET NOTICES
qu’il écrirait au ministre d’Espagne, appellerait à lui les réfugiés corses de Livourne et bien d’autres encore, il fut dénoncé par les officiers, par Fabiani, Bocchecianipe, Arrighi de Casanova, Ferrandi, et le ministre voulut un instant le traduire devant un conseil de guerre. Mais on réfléchit qu’il était accrédité en Corse, qu’il y avait beaucoup de parents. On résolut de ne pas approfondir les chefs d’accusation et, pour éviter tout esclandre, Petrieoni quitta la légion corse. 11 fut nommé colonel attaché à l’infanterie (25 juin 1771). Député des Etats de Corse pour l’ordre de la noblesse en '1777, il dit des vérités, suivant sa propre expression, et parla contre les abus elle despotisme du général et de l’intendant ; une lettre de cachet l’exila de Corse. Mais la Révolution le ramena dans son ile : élu commandant de la garde nationale de Ba-tia (7 novembre 1789), il usa de son influence, comme dit le vicomte de Barrin, pour arrêter les désordres et il fut « extrêmement utile par le bien qu’il lit et le mal qu’il empêcha ». Aussi reçut-il le grade de maréchal de camp (l8r mars 1791). Compromis dans les troubles de Bastia, il ne fut pas emprisonné, à cause de l’état de sa santé. Il se rallia en 1793 à Paoli et aux Anglais (Renucci, II, 8) et mourut à Bastia le 17 novembre 1 7 9 ’i .