XXI. Lettre de Napoléon à Pozzo di Borgo (p
(Communiquée par M, Guizot à la commission de la Correspondance et non publiée; elle no porte pas la date de l’année, mais elle est évidemment de 1790, et non, comme l'ont cru Iung et M. Guizot, de 1791.)
L’on vous a beaucoup écrit sur l’affaire d’Ajaccio; vous être très occupé, je ne vous dirai qu’un mot. Cette ville est remplie de mauvais citoyens ; vous ne
NOTES ET NOTICES
vous formez pns une idée de leur folie et de leur méchanceté. Ils avaient tellement fomenté ce pauvre peuple que l’on voulait jeter la statue du général à la mer. C’est la maison Ponte qui est le centre de toutes ces menées : l’on prouve que c’est lui qui a publie que le lazaret devait être à Saint-Florent, pour accroître le mécontentement. Vous vous souvenez qu’à Orezza ils n’osaient pas parler; ici ils publient des impostures. Moi, au contraire, j'esternais mon sentiment sans ménagement; mais ici je ne suis occupé qu’à prouver que nous n’avons pas été lésés. Pour revenir au fait, ce district a très mal commencé. Vous n’avez qu’un remède pour rétablir les choses : de casser de votre pleine puissance trois membres, Leca-Ondella, Pbilippo Folacci et Gel 1 i , d’en faire nommer trois autres quand les électeurs s’assembleront pour l’élection des juges, en attendant de les suspendre. Ce moyen est violent, peut-être illégal, mais indispensable, parce que trois mauvais et tro;s faibles et ignorants, et tout est perdu. Messieurs les administrateurs, souvenez-vous de celte belle maxime de Montesquieu que Mirabeau combattit en vain : les lois sont comme la statue de certaines divinités que l’on voile en certaines occasions.
Avec respect, votre
Buonaparte, officier d’artillerie,
Ajaccio le 1 1 octobre.