XXIII. Buttafoco (p
Malteo de Buttafoco, né le novembre 1731 à Vescovato, enseigne au régiment Royal-Italien à l’âge de dix ans (16 mai 1741), lieutenant (5 mars 1746), capitaine (20 mars 1758), capitaine aide-major (28 octobre 1760), employé à Minorque de 1756 à 1762, chevalier de Saint-Louis en 1762, adresse le 26 janvier 1762 à Choiseul un mémoire où il assure que les Anglais veulent se dédommager de la perte de Minorque et que s’ils débarquent en Corse, la population les regardera comme les vengeurs de la liberté opprimée : « persuadé, dit-il, que son attachement pour le service du roi n’est point incompatible avec celui qu’il a pour sa patrie, il ne craint pas de faire des offres de services dans ce pays-lù. » Il fut nommé colonel du Royal-Corse (27 novembre 1765) et, en dédommagement de ses voyages en France et de ses courses en Corse, reçut de grosses gratifications; « si quelqu’un, écrivait-il à Choiseul le 19 janvier 1768, est réellement employé en Corse depuis près de quatre années, c’est certaine
ment moi », et le 18 décembre de la même année, il demandait le grade de brigadier en ajoutant qu’il servait depuis vingt-six ans. Le 1er octobre 1769 il était nommé colonel d’un régiment qui portait son nom, le régiment de Bultafoco, composé d’un bataillon à neuf compagnies où n’entreraient que des Corses. Lorsque ce régiment rentra dans l’ile pour y former le 48e régiment provincial ou régiment provincial do l’ile de Corse (23 août 1772), Bultafoco en fut l’inspecteur. Le 1er juillet 1777, sa place fut supprimée, mais il conserva des appointements de réforme qui s’élevaient à 8000 livres, et ne tarda pas à être promu brigadier (1er mars 1780), et maréchal de camp (5 décembre 1781). Elu député aux États généraux par la noblesse de Corse, Bultafoco émigra. Rayé de la liste des émigrés (23 juin 1801), il mourut le 6 juillet 1806 à Bastia.