‹ La jeunesse de NapoléonChapitre 96 sur 109 · CXXII. Nunzio Costa de Bastelica (p · texte numérisé non relu

CXXII. Nunzio Costa de Bastelica (p

Nunzio-Francesco ou Nonce-François Costa, fils de Pascal Costa, né le 10 décembre 17G3 à Bastelica, un instant commissaire du Directoire exécutif près l’administration centrale du Liamone, lieutenant de gendarmerie (13 décembre 1796), puis capitaine (12 juin 1801-6 février 1813), admis à la solde de retraite (21 décembre 1812) et pourvu par un décret du lBr avril 1813 d’une pension proportionnelle fixée à 584 francs, rentré au service sous les Cent-Jours, redevenu capitaine de gendarmerie à Ajaccio le 9 juin 1815 et promu chef d’escadron deux jours après (11 juin 1815), de nouveau retraité (1er septembre 1815) par suite de l’ordonnance du 1er août qui déclarait nulles les nominations et réintégrations prononcées en l'absence du pouvoir royal, fut renommé chef d’escadron par Louis-Philippe (5 mars 1832), pour prendre rang du 19 novembre 1831 — ainsi que les officiers promus du 20 mars au 7 juillet 1815 — et obtint le 23 avril 1833 une pension de 900 francs dont il jouit à partir du 1er janvier 1832 et qui faisait la moitié du maximum attribué au grade de chef d'escadron.

CXXI1I. Rapport de l’ex-capitaine de gendarmerie Costa venant de l’ile d'Elbe (p. 258).

Cet officier a rapporté avoir vu deux fois l’empereur Napoléon pendant son séjour à l’île d’Elbe. Il l’a trouvé dans sa chambre, sans bas ni habit, l’air assez gai, mais marquant de temps en temps un esprit préoccupé et triste. Bonaparte lui a fait beaucoup de questions sur la dernière révolution de la Corse, en disant que les Corses avaient eu tort, qu’ils devaient rester tranquilles et servir Louis XVIII avec fidélité. 11 a ajouté qu’il désirait former un bataillon corse et il demanda au capitaine Costa s’il pouvait compter sur quelques recrues du pays; ce à quoi ce dernier lui répondit qu’il craignait que le gouvernement français n’y consentît pas. « Il ne peut pas l’empêcher; qu’est-ce que cela lui fait? » répliqua-t-il. 11 demanda ensuite s’il voulait entrer à son service : il lui aurait donné le commandement de ce bataillon. L'ex-capitaine Costa le remercia en disant qu’il voulait rester tranquille et qu’il avait déjà dans le temps refusé le commandement d’un bataillon et qu’il ne pouvait d’ailleurs servir que dans son pays. Napoléon le fit asseoir et prendre une glace. M. Costa rapporte que le général Bertrand parait être très indisposé contre les Corses et qu’il les reçoit très mal, que la plupart des hommes qui ont été enrôlés en Corse pour l’Elbe en déserteront au premier moment et disent que ce n’était pas la peine de s’expatrier pour n’avoir que neuf sous par jour et le pain. Napoléon fait bâtir une maison de campagne sur une hauteur. 11 attend la princesse Borghèse. On dit à l’Elbe que le pape n’a pas voulu recevoir le prince Borghèse dans scs Etats, mais qu'il a très bien reçu Lucien Bonaparte et sa mère. On dit que Louis Bonaparte se fait moine et que son frère Joseph est en Suisse. Napoléon Bonaparte a répété, en quittant le capitaine Costa, que les Corses devaient rester tranquilles et fidèles à Louis XVIII, qu’ils n avaient que cela à faire. M. Gaffori répond de la famille Costa.

Ajaccio, le lPr juillet 1814.

GXXIV. Pascal Costa de Bastelica (p. 258).

Ange-Pascal Costa de Bastelica, fils de Nunzio, né le 8 janvier 1786 à Bastelica, élève du prytanée de Saint-Cyr, admis à l’École polytechnique en 1806, mais obligé pour cause de maladie et « après trois mois de souffrances à

NOTES ET NOTICES

l’infirmerie » de donner sa démission, inspecteur des octrois de la Corse, et destitué par la première Restauration, membre de la junte de gouvernement établie par Napoléon, sous-préfet de Calvi (26 mai 1815) et de nouveau destitué par la seconde Restauration, obtint, à la demande des deux frères Sebastiani (le ministre des alTaires étrangères et le député Tiburce), le poste de secrétaire général de la Corse (22 novembre 1831), puis, après la suppression des secrétaires généraux, la sous-préfecture de Sartène (23 mars 1 835). 11 mourut de maladie dans la nuit du 15 au 16 mars 1841 à Saint-André de Tallano.

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