‹ La Jeunesse de Paul-Louis CourierChapitre 217 sur 264 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

chement sincère’ à retenir en Italie Courier qui, depuis longtemps, fait le projet derentrer en France. Dès le printemps de 1811, il annonçait en effet son retour à M”° de Salm. Car les nouvelles liaisons des bords du Tibre ne faisaient pas tort aux amis des rives de la Seine et du Rhin.

Après avoir vanité sa retraite verdoyante d’Albano, il ajoutait ce correctif :

« Paris, dans le fait, peut bien avoir aussi son mérite, « surtout quand vous y êles ; et c’est pour cela que jy veux « arriver avant votre départ pour Dyck ? ».

Ce voyage fut différé jusqu'aux premiers jours de juin 1812. Quelques promenades à Rome, le séjour à Naplesavec M*"° d'Albany, de nombreuses lectures, avaient rempli cette année, qui s’écoula fort doucement. Le surplus de son temps l’helléniste l'avait consacré à un exercice fort gracieux, le jeu du volant, qui remplaçait pour lui le jeu de paume auquel il s'était adonné pendant sa jeunesse, selon la mode des ci-devant nobles.

Peu de semaines avant son départ pour Paris, comme pour mieux marquer que quelque chose prenait fin, qu'un long et beau chapitre de son existence élait terminé, Courier avait classé soigneusement une centaine de ses lettres et rédigé une note * destinée à servir d'en-têle à ce recueil. Il ne s’agit que des lettres écrites à partir de 1804, c’est-àdire depuis son arrivée en Italie comme chef d’escadron. Elles sont au nombre de cent, neuf‘. Nous savons que,

1 « La pauvre Rose dépérit à vue d'œil,et si elle ne se pend pas elle finira par mourir de consomption; tout cela pour vos beaux . yeux ». Lettre d’Akerblad à Courier.

2 Mme de Salm se partageait entre Paris et son château de Dyck, sur la Roër.

3 Edition Sautelet, t. IT, p. 70.

# Sans compter les Réponses de quelques correspondants. La première en date de ce recueil est la lettre si connue : « Nous venons de faire un empereur... ».

pendant ces huit ans, il avait dû s’imposer la tâche de garder copie de tout ce qu'il écrivait. Mais, en réalité, il n’a pu en venir à bout. À son insu, beaucoup de lettres sont sorties de sa plume qu’il a oublié de recopier, telles sont celle qu’il adressa à Dalayrac le 24 mars 1805, d’autres écrites à M. et M"° Pigalle, les lettres en italien à del Furia, que nous avons trouvées à Florence, l'important journal envoyé à Sainte-Croix sur le désastre de Santa- Eufemia, la lettre à M. Bonneau notaire à Orléans, et beaucoup d’autres intéressantes ou fuliles. Ainsi, l'idée lui vint trop tard de réunir ses propres lettres, ce dont il exprime le regret, et surtout son recueil est beaucoup trop incomplet, ce quiconstitue pour nous une perte bien regrettable. Aussi, la tâche était au-dessus des forces d’un homme ordinaire de recopier toutes les lettres écrites au cours d’une vie agitée.

Longtemps avant de partir pour Florence, Courier y avait expédié son gros bagage, c’est-à-dire une malle pleine delivres ; il l’adressa aux meilleurs amis qu’il eût conservés dans la capitale toscane, les libraires Molini et Landi. Voici un billet inédit qui nous l’apprend, tout en nous rappelant que c'était chez Gherardo de Rossi qu’il se faisait adresser ses lettres à Rome.

Bibl. Nantes, 669.106.

Rome, 1° novembre 1811.

Page 1