‹ La Jeunesse de Paul-Louis CourierChapitre 219 sur 264 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

sera parvenu de m'en accuser reception. Vous m’obligerez infiniment de le deposer dans votre magazin. Et je compte pour cela sur l'amitié dont vous m'avez donne des marques.

J'ai l'honneur d’etre Mess"

Votre tres humble et obeist serviteur,

CouRIER.

Chez M. Gherardo de Rossi,

Banquier a Rome.

[Adresse au dos|. — À Messieurs Mozini et Lanni, libraires à FLorence.

En quittant Rome et l'Italie, où il ne devait plus revenir, Courier pourtant ne s’éloignait pas sans espoir de retour. Certes, il avait assez exploré, depuis huit ans, les belles contrées de la péninsule, mais l'attachement qu’on garde pour un pays est d'autant plus vif qu'on y a fait un plus long séjour.

D'ailleurs, il comptait revoir l'Italie et la traverser dans toute sa longueur, pour se rendre à Athènes, pèlerinage profane dont l’helléniste « un peu païen » s'était juré de s'acquitter avant de mourir".

Cette pensée atténuait ses regrets tandis qu’à travers le nouveau département du Trasimène il roulait vers Florence.

Il y arriva le 15 juin. On se rappelle qu'il avait quitté cette ville, depuis plus de deux ans°, à l'heure où sa tache

1 « C'est un pèlerinage, un vœu dont je dois m'acquitter. Tout chrétien brüle du désir de voir une fois les saints lieux. Tout Grec, un peu païen comme moi, meurt content s’il a pu saluer la terre de Minerve et des arts ». À Me de Salm- ie 25 juillet 1813.

? Le 24 mars 1810.

d'encre commençait à déchaîner contre lui la fureur de tous les Letterati d'Italie. Les colères qu’il avait soulevées u’étaient point encore calmées : une haine sourde couvail dans le cœur des amis de Furia. A la vérité, les savants italiens et étrangers semblaient avoir pris à cœur de venser le bibliothécaire des outrages de Courier : presque tous, en réponse à l'envoi de sa Lettera della scoperta, lui avaient adressé de flatteuses approbations.

Beaucoup, même parmi les Français, avaient blâmé la Lettre à Renouard et regardé comme un nouveau tort cette justification trop fière et trop hardie pour l’époque. Les amis de del Furia n’hésitaient même plus, par zèle patriotique ou amour-propre de clocher, à lui attribuer la découverte du fragment de Longus'. Quant à Courier, comme lui-même le dit spiriluellement, il restait seul avec sa tache d'encre que personne ne lui contestait.

Pour rendre la victoire des Florentins plus éclatante et pour ainsi dire plus tangible, l'abbé Sebastiano Ciampi, professeur à Pise, avait publié chez Molini le fameux supplément de Daphnis et Chloé traduit en [talien*.

Il Pavait rétabli à sa place dans la version ancienne d’Annibal Caro, s'inspirant ainsi de ce qu'avait fait Courier pour la traduclion d'Amyol. Puis, le Giornale enciclopedico s'était chargé, dans une notice élogieuse, de faire valoir les mérites de cette traduction sans souffler mot naturellement de celui qui, par sa découverte, avait rendu possible la lecture d’an Longus complet.

! L'abbé Sebastiano Ciampi écrivait à del Furia, le 6 septembre 1810 : « Come e stato chiamato scopritore il Sig Courier, che insieme col Sig* del Furia faceva il riscontro del codice, con eguale diritto pud chiamarsi suscopritore il Sig’ del Furia ».

* Gliamori Pastorali di Dafni e Cloe di Longo Sofista, tradotti in italiano dal comm. Annibal Caro col supplimento tradotto dal Prof.

Sebastiano Ciampi. Firenze presso Molini, Landi e compagno, 1811,in 8°. Carla velina.

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